Arcimboldo

Son retour dans l'histoire de l'art

Par Sophie Flouquet · L'ŒIL

Le 27 septembre 2007 - 381 mots

Arcimboldo n’avait fait l’objet d’aucune exposition depuis 1987. Le musée du Luxembourg à Paris propose enfin de retracer la carrière d’un peintre italien délaissé par les historiens d’art de la Péninsule.

Que de cartes postales, de jaquettes de livres et de posters ont rendu célèbres dans le monde entier les peintures de Giuseppe Arcimboldo (1526-1593) ! Une célébrité qui reste pourtant relative, tant la carrière de l’artiste italien, actif essentiellement à la cour des Habsbourg, demeure paradoxalement méconnue. Adulé de son vivant, il tomba dans l’oubli après sa mort et ne fut redécouvert que dans le courant du XXe siècle, notamment par les surréalistes, fascinés par ses portraits fantastiques.
Il fallut toutefois attendre 1987 pour que lui soit enfin consacrée une grande exposition, qui fut aussi la dernière en date. Organisée au Palazzo Grassi sous la houlette de Pontus Hulten, ancien directeur du Musée national d’art moderne, celle-ci avait pour thématique l’art du portrait et présentait l’influence de sa peinture sur l’art du XXe siècle. Si cette exposition fit date, à juste titre, la biographie de l’artiste n’y était toutefois qu’effleurée.

Une carrière de peintre officiel
C’est donc pour combler cette lacune –  mais était-il possible de faire autrement ? – que le musée du Luxembourg, à Paris, et le Kunsthistorisches Museum de Vienne ont organisé conjointement cette manifestation. La participation de ce dernier, qui détient quelques-unes des peintures majeures de l’artiste, est un gage de qualité scientifique. Une centaine d’œuvres ont été réunies pour tenter de cerner la personnalité de ce peintre longtemps oublié par les historiens de l’art italien.
Né à Milan en 1526, Arcimboldo a en effet exercé toute sa carrière auprès des Habsbourg. À l’égal d’un Holbein le Jeune (1497-1543) à la cour d’Angleterre, Arcimboldo est actif dans les cours de Vienne puis de Prague, au service de Maximilien II puis de Rodolphe II. De 1562 à 1587, il leur livre portraits, décors, dessins de costumes, scénographies...
Mais sa notoriété lui vient avant tout de ses séries allégoriques consacrées aux quatre éléments et aux quatre saisons, peintes en combinant des accumulations d’objets naturels. Cette veine à succès, très copiée sans jamais être égalée, emprunte à l’esprit universaliste de la Renaissance et au goût de la surprise et du paradoxe cher au maniérisme italien, dont Arcimboldo s’est fait l’un des plus brillants exportateurs en terres impériales.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°595 du 1 octobre 2007, avec le titre suivant : Arcimboldo

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