Vendredi 15 novembre 2019

LAAC, Dunkerque (59) Jusqu’au 9 avril 2012

Années 1968 sous les pavés le LAAC

Par Stéphanie Lemoine · L'ŒIL

Le 22 juin 2011 - 344 mots

Trois ans après la fièvre commémorative qui a accompagné le quarantième anniversaire de mai 1968, une exposition au LAAC à Dunkerque revient sur le contexte politique, artistique et culturel de l’événement, et salue pendant un an « Les années 68 ». Peu importe que soit passé le temps des célébrations : pour cet espace d’art singulier, dont la création en 1979 est largement tributaire des utopies qui ont façonné la contestation, évoquer la « chienlit » permet tout à la fois de rappeler l’histoire du musée et de mettre en valeur sa collection. « Nous voulions prendre le temps d’interroger notre fonds », explique Aude Cordonnier, la directrice des lieux. D’où le choix d’assigner à la Figuration libre, à Support/Surface, au Nouveau Réalisme et aux affiches du Cabinet d’art graphique ce dénominateur commun : l’engagement.

Mais si « Les années 68 » s’ouvre bien avec mai 1968 et rassemble dans une première section photographies de Claude Dityvon, affiches de Fromanger, d’Asger Jorn et de l’Atelier populaire des Beaux-Arts, elle en excède rapidement le cadre, d’où le pluriel du titre. L’exposition suggère ce que l’art politique de l’époque doit à la guerre du Viêtnam, au Civil Rights Movement, à la société de consommation et même à la conquête de l’espace. Aux toiles d’Erró, de Rancillac et de Monory, aux compressions d’Arman et aux expansions de César, fait écho le fonds documentaire rassemblé pour l’occasion : numéros de Paris Match et de L’Enragé, Manifeste des 343, etc.
Évoquer les années 68 permet aussi de déborder le champ étroit des utopies politiques. Ainsi, la dernière partie de l’accrochage ouvre sur les questionnements plastiques propres à l’époque, de Support/Surface à Vasarely. De même, « Les années 68 » s’articule en trois volets successifs, dont l’art engagé ne constitue que le premier terme. Lui succéderont une plongée dans l’art psychédélique, la beat generation et l’art minimal, puis un accrochage dédié à l’esthétique pop, version design et art de vivre.

« Les années 68 »

Lieu d’art et d’action contemporaine (LAAC), Jardin de sculptures, Dunkerque (59), jusqu’au 9 avril 2012, museesdunkerque.voila.net

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°637 du 1 juillet 2011, avec le titre suivant : Années 1968 sous les pavés le LAAC

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