Calendrier

2019 les expositions à ne pas manquer en régions et dans le monde

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 5 janvier 2019 - 2377 mots

MONDE

Paris n’a plus l’exclusivité des grandes expositions, les musées de province et naturellement de Suisse et Belgique tiennent tout autant le haut du pavé.

Rembrandt (1606-1669), <em>La Ronde de nuit</em>, 1642, huile sur toile, 379,5 x 453.5 cm, Rijksmuseum, Amsterdam.
Rembrandt (1606-1669), La Ronde de nuit, 1642, huile sur toile, 379,5 x 453.5 cm, Rijksmuseum, Amsterdam.
Courtesy Photo Rijksmuseum Amsterdam

EN RÉGIONS

FÉVRIER

Autour du bicentenaire de Courbet

Bicentenaire Courbet. Du 15 février 2019 au 5 janvier 2020.

Ornans fête le bicentenaire de Gustave Courbet (1819-1877) par de nombreuses manifestations. À partir du 15 février, Courbet dessinateur prend place au Musée Courbet autour de vingt dessins inédits d’une collection privée. Dès le 10 juin, le musée programme Yan Pei-Ming face à Courbet, un ensemble d’œuvres du peintre chinois réalisées dans l’atelier de Courbet à Ornans (non visitable). Enfin, à compter du 31 octobre, le musée présente Courbet-Hodler retraçant les liens directs et indirects des deux peintres à Genève. Par ailleurs, le Musée Fabre organise cet été une exposition autour de sa collection Courbet.
Elizabeth Santacreu

Lee Ufan par-delà langues et images

Metz. Centre Georges Pompidou. Lee Ufan, habiter le temps. Du 27 février au 30 septembre.

En consacrant une exposition à Lee Ufan, le Centre Pompidou-Metz confirme son intérêt pour les scènes asiatiques et prolonge en quelque sorte sa saison japonaise. L’artiste coréen y est d’ailleurs en partie abordé à travers les liens qu’il entretient avec Paris, où il a un atelier depuis 1971, et Kamakura (Japon), où il vit et travaille. Chronologique, le parcours d’« Habiter le temps » le montre ainsi à la croisée de trois cultures, et explique ainsi son application à chercher depuis la fin des années 1960 une approche sensible, à la fois immédiate et philosophique, de la création, fondée sur des gestes, des rencontres, des expériences délibérément situées hors de tout langage et toute figuration.
Stéphanie Lemoine

MARS

« L’Homèromanie » passée au crible

Lens. Musée du Louvre-Lens. Homère. Du 27 mars au 22 juillet.

Jamais aucun auteur n’aura autant irrigué l’histoire de l’art, de l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui : avec l’Iliade et l’Odyssée. Homère compose vers le VIIIe siècle av. J.-C. des textes fondateurs où les artistes sont venus puiser à l’infini idées, personnages et scènes. Autour de ce poète père de la culture occidentale, un parcours de 300 œuvres (objets archéologiques et œuvres modernes) ausculte cette « Homèromanie » qui résiste aux siècles. L’exposition tente de percer les secrets d’un auteur mystérieux tout en analysant son influence dans le langage, la littérature, les sciences, les arts, la morale et l’art de vivre.
Francine Guillou

AVRIL

Jean Dubuffet, Le Déchiffreur, 26 septembre 1977
Jean Dubuffet, Le Déchiffreur, 26 septembre 1977, collage de 28 pièces d'acrylique sur papier marouflé sur toile, 178 x 214 cm.
© Photo Cyrille Cauvet / Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole.
Dubuffet, version art Brut

Marseille. MuCEM. Jean Dubuffet, un barbare en Europe. Du 24 avril au 2 septembre.

Après la Fondation Beyeler en 2016, le MuCEM choisit d’exposer Jean Dubuffet (1901-1985) et ses relations à l’art populaire, à l’image de l’exposition « Picasso et les arts et traditions populaires », grand succès du musée marseillais en 2016. Dubuffet, inventeur du terme « art brut », était un familier du Musée des arts et traditions populaires, aïeul du MuCEM. S’appuyant sur un réseau d’artistes, d’ethnologues et de psychiatres, il a théorisé cet art considéré jusqu’alors comme inférieur. L’exposition marseillaise, en forme de rétrospective, devrait mettre l’accent sur cette partie de l’œuvre foisonnante de l’artiste.
Francine Guillou

Braque et Miró en Normandie

Rouen. Musée des beaux-arts. Braque, Miró, Calder, Nelson : une constellation d’artistes à Varengeville-sur-Mer. Du 5 avril au 2 septembre.

Après Picasso à Boisgeloup en 2017 et Marcel Duchamp en 2018, Rouen se penche sur une colonie d’artistes en territoire normand. À Varengeville-sur-Mer, autour des figures tutélaires de Georges Braque et de l’architecte Paul Nelson, des artistes créent et échangent lors d’étés féconds. Dès 1930, Braque et Nelson ont leurs ateliers dans ce petit village ; dans les années suivantes, Calder et Miró vont rejoindre les deux premiers. Braque y conçoit des peintures champêtres et rurales, Miró y réalise ses « Constellations » dans les premières heures de la Seconde Guerre mondiale. Francine Guillou

JUIN

L’outremer d’Yves Klein au cœur de l’Outrenoir

Rodez. Musée Soulages. Yves Klein, rétrospective. Du 21 juin au 3 novembre.

En juin prochain, le Musée Soulages glisse de l’outrenoir à l’outremer, et consacre une rétrospective à Yves Klein. L’institution ruthénoise propose de retracer l’aventure monochrome lancée dès 1954 par l’artiste français autour du fameux YKB, et en souligne toutes les déclinaisons, de l’anthropométrie au happening. Pour mieux suggérer ce qui sous-tend une telle recherche, à savoir une quête d’immatériel, l’accrochage s’intéresse également à la collaboration d’Yves Klein avec l’architecte Claude Parent entre 1958 et 1961. De ce dernier, seront ainsi présentés les dessins « d’architecture de l’air », qui dévoilent l’artiste comme révélateur d’une réalité invisible.

JUILLET
Ker-Xavier Roussel aux deux visages

Giverny. Musée des impressionnismes. Ker-Xavier Roussel. Jardin privé, jardin rêvé. Du 27 juillet au 11 novembre.

Mathias Chivot, auteur du catalogue raisonné de Ker-Xavier Roussel (1867-1944) offre une rétrospective d’une centaine d’œuvres dont beaucoup en collections privées. Le parcours chronologique suit les variations d’inspiration d’un artiste que l’on dirait aujourd’hui bipolaire. À sa vision édénique de la nature où prennent place des scènes mythologiques à partir du début du XXe siècle s’oppose une « planète noire » que l’on explore surtout dans ses estampes. La découverte du peintre passe par des œuvres à l’érotisme parfois violent et se conclut sur des cycles décoratifs rarement Exposés.
Elizabeth Santacreu

SEPTEMBRE

Le nouvel écosystème de la Biennale de Lyon

Lyon. Usine Fagor et Musée d’art contemporain. 15e Biennale d’art contemporain. Du 18 septembre 2019 au 5 janvier 2020.

« Il ne scet rien qui ne va hors. » Cité par Jean de Loisy, ce vers d’Eustache Deschamps pourrait tenir lieu de programme à la prochaine Biennale de Lyon. Conviée à en assurer le commissariat, l’équipe de commissaires du Palais de Tokyo propose d’y jouer l’écart. Elle investit à ce titre l’usine Fagor, un site industriel en reconversion, pour en faire un écosystème politique, poétique, esthétique et écologique. Inspirée par la permaculture, la 15e édition réunit également une série d’œuvres produites sur le principe des circuits courts, prélude à un projet de long terme dans le territoire régional.
Stéphanie Lemoine

Peter Saul, de l’« agit pop » au bad painting

Toulouse. Musée des abattoirs. Peter Saul, Pop, Funk, Bad painting and more. Du 20 septembre 2019 au 26 janvier 2020.

En exposant Peter Saul, le Musée des abattoirs à Toulouse confirme la sagacité de sa directrice Annabelle Ténèze : l’artiste américain, figure du pop art dans son versant critique, n’avait pas été exposé en France depuis 1999. En réunissant près de 80 œuvres et un ensemble d’archives, le parcours de l’exposition entend bien réparer cette éclipse. La carrière foisonnante de Peter Saul y est abordée dans son ampleur et sa férocité teintée d’humour, depuis ses premières toiles peintes à la fin des années 1950 en réaction au consumérisme jusqu’à ses charges contemporaines contre Donald Trump.
Stéphanie Lemoine

NOVEMBRE

Le drapé dans tous ses états

Lyon. Musée des beaux-arts. Le Drapé, de Léonard de Vinci à Maurizio Cattelan. Du 30 novembre 2019 au 8 mars 2020.

À partir d’une Étude de draperie d’Albrecht Dürer conservée dans ses murs, le musée lyonnais se lance dans une grande exposition thématique sur le drapé et sa signification pour les artistes à travers les siècles. De simple exercice académique, le drapé devient « un objet total structurant toute figure dans l’économie d’une œuvre peinte ou sculptée ». Mettant le dessin au cœur de l’exposition, le parcours devrait s’intéresser au geste créatif, mais aussi poser la question du drapé comme « survivance » de l’antique pour les artistes contemporains comme Maurizio Cattelan ou Ernest Pignon-Ernest.
Francine Guillou

DANS LE MONDE

JANVIER

Redécouvrir les peintres viennois

Vienne. Musée du Belvédère. Femmes artistes. à Vienne de 1900 à 1938. Du 25 janvier au 19 mai.

Elena Luksch-Makowsky, Helene Funke ou Erika Giovanna Klien : ces femmes sont aujourd’hui inconnues, et pourtant elles ont participé au mouvement moderniste viennois aux côtés de leurs illustres confrères peintres. Le musée viennois du Belvédère sort des réserves les œuvres d’une trentaine de femmes peintres actives entre les années 1900 et les années 1930, traversant les styles et les avant-gardes, luttant dans un milieu très masculin. Certaines jouissaient d’une vraie renommée de leur vivant : l’exposition sera l’occasion de découvrir ou redécouvrir de vrais talents.
Francine Guillou

FEVRIER

Année en or pour Rembrandt
Rembrandt, Autoportrait
Rembrandt, Autoportrait, 1628, huile sur toile, Rijksmuseum, Amsterdam.
© Photo Rijksmuseum, Amsterdam

Amsterdam. Rijksmuseum. Tous les Rembrandt. Du 15 février au 10 juin.

Les Pays-Bas célèbrent en 2019 les 350 ans de la mort de Rembrandt. Onze musées dans neuf villes participent à cette année thématique « Rembrandt et l’Âge d’Or ». Au Rijksmuseum, l’exposition « Alle Rembrandts » (Tous les Rembrandt) expose pour la première fois toutes les œuvres de Rembrandt conservées dans le musée. 22 peintures, 60 dessins et 300 gravures : la collection la plus riche au monde du peintre hollandais sera entièrement visible. À l’issue de l’exposition, La Ronde de nuit (1642) sera restaurée sous l’œil des visiteurs et des internautes, derrière une paroi de verre conçue par l’architecte Jean-Michel Wilmotte.
Francine Guillou

MARS

del Verrocchio, Maître d’atelier

Florence. Palazzo Strozzi, Verrocchio, le maître de Léonard. Du 8 mars au 14 juillet.

Le Palazzo Strozzi consacre une exposition au peintre et sculpteur Andrea del Verrocchio (1435-1488). Outre les chefs-d’œuvre de Verrocchio (venus de Florence, de Londres ou de Berlin), cette exposition de 120 œuvres a vocation à présenter le contexte artistique florentin de l’époque, marqué par le rayonnement de l’atelier de Verrocchio, où ont notamment été élèves Pérugin et Léonard de Vinci. S’inscrivant dans la lignée d’institutions célébrant les 500 ans de la mort de l’auteur de La Joconde, l’exposition bénéficiera notamment du prêt d’une Étude de mains féminines, dessin de Léonard émanant des collections de la reine d’Angleterre.
Margot Boutges

Van Gogh à Londres

Londres. Tate Britain. Van Gogh et la Grande-Bretagne. Du 27 mars au 11 août.

En 1873, puis en 1876, Vincent Van Gogh (1853-1890) fait deux séjours de plusieurs mois à Londres, où il travaille quelque temps à la succursale de la galerie Goupil. L’exposition met en lumière les peintres qu’il a appréciés dans les galeries et musées londoniens (Constable, Millais) et montre des œuvres dans lesquelles on peut retrouver cette influence anglaise. Parmi elles, La Nuit étoilée (1889), L’Arlésienne (1890) de São Paulo, À la porte de l’éternité (1890). L’influence de Van Gogh sur les artistes britanniques est également abordée avec les postimpressionnistes du Groupe de Camden Town, Francis Bacon ou encore David Bomberg.
Elizabeth Santacreu

MAI
La Biennale de Venise à l'ère des fake news

Venise. 58e Biennale d’art contemporain. Puissiez-vous vivre à une époque intéressante. Du 11 mai au 24 novembre.

Pour sa 58e édition, la Biennale de Venise a confié le commissariat de l’exposition internationale à Ralph Rugoff, directeur de la Hayward Gallery à Londres depuis 2006 et commissaire en 2015 de la Biennale de Lyon. Derrière la référence à un proverbe chinois régulièrement cité en politique, le commissaire américain pointe l’incertitude de notre époque marquée par l’avènement des fake news. Cette année, c’est Laure Prouvost qui représentera la France. Lauréate du prix Turner en 2013, l’artiste s’associe pour l’occasion avec Martha Kirszenbaum, critique d’art et commissaire indépendante.
Stéphanie Lemoine

JUIN

rare rétrospective de Natalia Gontcharova, à la Tate Modern

Londres. Tate Modern. Natalia Gontcharova. Du 6 juin au 8 septembre.

Souvent présente sur les cimaises des expositions consacrées aux avant-gardes russes, aux ballets de Diaghilev ou aux femmes artistes, Natalia Gontcharova (1881-1962) est peu exposée pour elle-même. À la Tate Modern cet été, une rétrospective majeure lui est enfin consacrée, en collaboration avec le Palazzo Strozzi de Florence et l’Ateneum Art Museum d’Helsinki. De l’impressionnisme au cubisme, en passant par le futurisme et le néoprimitivisme, l’œuvre de Gontcharova traverse les avant-gardes du XXe siècle et les soubresauts de l’histoire, l’entraînant de Moscou à Paris, où elle découvre le melting-pot parisen.
Francine Guillou

La peinture entre Espagne et Hollande

Madrid. Museo Nacional del Prado. Velázquez, Rembrandt, Vermeer. Regards croisés entre l’Espagne et la Hollande. Du 25 juin au 29 septembre.

À l’occasion de son bicentenaire, le Musée du Prado a programmé des expositions d’envergure internationale. Parmi elles, une exposition sera consacrée à la peinture hollandaise et espagnole au tournant des XVIe et XVIIe siècle. Le trio formé par Velázquez, Rembrandt et Vermeer devrait illustrer les ponts culturels et stylistiques entre le royaume d’Espagne et les Pays-Bas espagnols sous le règne des Habsbourg. Pour montrer ces parallèles, le musée madrilène s’est associé au Rijksmuseum d’Amsterdam, réunissant des œuvres majeures de Velázquez, Rembrandt, Ribera, Frans Hals et Vermeer.
Francine Guillou

AOUT

Edward Steichen, Henri Matisse travaillant à « La Serpentine », 1909, Musée d'Orsay, Paris.
Edward Steichen, Henri Matisse travaillant à « La Serpentine », 1909, Musée d'Orsay, Paris.
© Photo Musée d'Orsay, Dist. RMN-GP / Patrice Schmidt.
L’œuvre sculpté de Matisse face à sa peinture Zurich.

Kunsthaus Zürich. Matisse, Métamorphoses. Du 30 août au 8 décembre.

D’Henri Matisse, on connaît les papiers découpés, les accents fauves, le goût pour la stylisation et la couleur. On connaît moins la partie sculptée de son œuvre, inspirée de nus photographiques, de modèles antiques et africains. À Zurich, son travail sur l’argile et le plâtre est remis sur le devant de la scène, à partir des quatre bas-reliefs Nus de dos. Les quatre étapes de l’œuvre permettent d’axer l’exposition sur la méthode et le processus de création propre à Matisse dans la sculpture. Surtout, ces œuvres sculptées seront mises en relation avec son œuvre picturale, formant des parallèles nouveaux. Francine Guillou

SEPTEMBRE

Le Bauhaus fête ses 100 ans

Berlin. Berlinische Galerie. Bauhaus, l’exposition centenaire. Du 6 septembre 2019 au 27 janvier 2020.

En 2019, l’Allemagne fête en grande pompe le centenaire du Bauhaus. Dans tout le pays, concerts, festivals, spectacles et expositions célèbrent cette école fondée en 1919 à Weimar, transférée à Dessau en 1925 et forcée à la fermeture par les nazis en 1933. Avec seulement quatorze ans d’existence, le Bauhaus continue d’influencer créateurs, designers et architectes. À Berlin, le Bauhaus-Archiv Museum für Gestaltung propose une exposition d’envergure, présentant archives et œuvres originales grâce à des prêts d’institutions internationales, dans un parcours interrogeant la notion même de Bauhaus.
Francine Guillou

OCTOBRE

duo Magritte / Dali

Bruxelles. Musées royaux des beaux-arts de Belgique. Dali & Magritte, Deux icônes du surréalisme en dialogue. Du 11 octobre 2019 au 9 février 2020.

Pour célébrer le 10e anniversaire du Musée Magritte, les Musées royaux des beaux-arts de Belgique organisent une exposition autour de l’œuvre de Salvador Dalí en dialogue avec celle de René Magritte, en collaboration avec le Musée Magritte de St. Petersburg en Floride. De la fin des années 1920 au début des années 1940, le parcours promet de mettre en évidence les symboles et les icones surréalistes que partagent les deux artistes. S’engageant dans des voies très différentes, les deux peintres surréalistes s’attachent ainsi à interroger le réel.
Francine Guillou

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°514 du 4 janvier 2019, avec le titre suivant : 2019 les expositions à ne pas manquer en régions et dans le monde

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