21 nov. - 25 mar. 12-13

Paris Centre Pompidou - Musée national d'art moderne

Dalí­

33 ans après un premier passage en 1979 au Centre Pompidou, le maître espagnol du surréalisme est de retour avec ses fulgurances et ses outrances. L’institution parisienne consacre ainsi une seconde rétrospective à l’une des figures les plus complexes et les plus prolifiques de l’art du XXe siècle, dévoilant en 200 oeuvres toutes les facettes de cet habile provocateur parvenu à édifier son propre mythe à l’échelle Monde.

Alors qu’il se rêvait cuisinier à l’âge de six ans, Napoléon l’année suivante, « depuis, mon ambition n’a cessé de croître comme ma folie des grandeurs », confiera-t-il sur le tard. Après quelques années aux Beaux-Arts de Madrid dans les années 1920, l’artiste « touche-à-tout » - peintre et sculpteur, mais aussi cinéaste empruntant aux sciences et à la psychanalyse - se plait surtout à endosser ses habits de performeur. A un point tel que cette exubérance tend à prendre le pas sur la brillance créative et subversive prêtée à ses débuts.

Ainsi, du surréalisme à l’univers dalilien proprement dit, le Centre monte une rétrospective respectueuse de la chronologie de son œuvre pour mieux en décortiquer toute la complexité toute d’illusions d’optique, de trompe-l’œil et d’inspirations les plus diverses.

Si Dali emprunte aux grandes références du classicisme et de l’impressionnisme – à l’instar de Goya, Zurbaran, Le Greco et Vermeer - l’homme à la moustache (qu’il emprunte à Velázquez) – se dit également fasciné par la renaissance italienne, puisant tour à tour chez De Vinci, Raphaël et Michel-Ange.

Pour faciliter l’immersion dans l’œuvre onirique du peintre catalan, le visiteur y pénètre via une grotte-œuf géante dévoilant sur l’une de ses parois, un cliché de l’artiste en position fœtale intitulé Mémoire prénatal (1941). La voix de celui qui se disait convaincu de son génie depuis tout jeune, annonce : « Yé mé souviens qu’on sé pressait les zorbites avec les doigts pour voir sourgir les anges. Allousion à la vie intra-outérine. On est chassé dou paradis maternel, dou paradis perdou. »

Dans la continuité, s’égrainent tout le long, quelques unes de ses œuvres les plus mythiques, à l’exemple de La persistance de la mémoire : Montres molles (1931) révélant son refus de la rigidité du temps, son Téléphone aphrodisiaque (1938) flanqué d’une langouste en guise de combiné, son Buste de femme rétrospectif - représentant un mannequin habillé d’un épis de maïs en guise d’écharpe et la tête coiffée d’une baguette de pain sur laquelle reposent des figurines représentant l’Angélus de Millet - et enfin, la Vénus de Milo aux tiroirs qu’il réalise avec Duchamp en 1936.

Enfin, le visiteur pourra se voir par ailleurs convié à un sitting de quelques instants sur le fameux canapé rouge inspiré des lèvres pulpeuses de l’actrice des années 1920, Mae West – tout en goûtant à une installation monumentale dont les traits du visage de la star dessinent le mobilier – avant d’achever le parcours dans une salle labyrinthique illustrant le cerveau de l’artiste et son univers intellectuel.

Informations pratiques
CENTRE POMPIDOU - MUSÉE NATIONAL D'ART MODERNE

Place Georges Pompidou
Paris 75004
Ile-de-France
France

Contact
+33 (0)1 44 78 12 33

www.centrepompidou.fr
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