07 oct. - 07 fév. 09-10

Paris Pinacothèque de Paris

L'âge d'or hollandais, de Rembrandt à Vermeer

Son commerce, notamment maritime, était alors florissant et une grande place était accordée aux arts dans la vie des Hollandais ; selon un visiteur anglais de 1686, William Aglionby, « (…) leurs maisons [étaient] pleines de tableaux, des plus riches aux plus pauvres. »

Décliné en huit sections (natures mortes, ville, campagne...), le parcours se déroule sur deux étages : le 1er, toujours aussi exigu, n’offre pas assez de recul pour contempler les œuvres. Quant au sous-sol, ne présentant aucune ouverture sur la vie parisienne, il est trop étouffant. Au vu de la qualité de ses expos (Rouault, Soutine…), il serait temps de revoir l’espace de circulation de ce musée afin de le rendre plus agréable. Heureusement, grâce aux peintures hollandaises qui fonctionnent ici comme autant de trouées de lumière dans les murs, les plages de respiration viennent des tableaux eux-mêmes : moulins à vent, champs de tulipes, maisons de campagne et autres vaches dans un pré permettent le dépaysement. Comme le disait Alberti (De Pictura, 1435), la peinture est bel et bien une fenêtre ouverte sur le monde et l’histoire.

Ces toiles, multipliant les détails, sont pour nous de formidables documents, mettant à jour des aspects de l’époque : prédilection, par exemple, pour les peintures à énigmes, les riches étoffes, les épices exotiques et les faïences de Delft. Un solide accompagnement pédagogique (audio-guides, cartels, panneaux explicatifs, beau catalogue à 45 €) permet de comprendre à quel point les peintres de cet âge d’or sont tout autant des imagiers que des chroniqueurs de leur temps. Précisons toutefois que, malgré son intitulé (L’âge d’or hollandais, de Rembrandt à Vermeer), cette expo ne présente qu’un Vermeer (La lettre d’amour, 1669-1670) et que cinq Rembrandt, ce qui nous laisse quelque peu sur notre faim, mais, avouons-le, un seul tableau du Maître du clair-obscur (« le plus grand peintre de tous les temps » selon un titre écrit en majuscules sur une cimaise de l’expo) vaut à lui seul le détour : de par sa liberté de facture et sa puissance à pénétrer l’âme de son modèle, le Portrait de son fils Titus habillé en moine (1660) est d’une beauté renversante.

Nonobstant, je pense que le choc esthétique doit être plus grand si on n’a jamais mis les pieds en Hollande, sinon, pour ceux qui ont déjà foulé le plancher des vaches du « Louvre d’Amsterdam » qu’est le Rijksmuseum, il s’agira de retrouvailles, certes heureuses, mais sans réelle surprise.

Informations pratiques
PINACOTHÈQUE DE PARIS

28, place de la Madeleine
75008 Paris
France

Contact
+33 (0)1 42 68 02 01

www.pinacotheque.com
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