20 oct. - 17 jan. 09-10

Paris Le Jeu de Paume

Federico Fellini - La Grande Parade

Afin de célébrer comme il se doit l’univers baroque fellinien et de montrer que cet art fantasque est aussi une critique sociale des hypocrisies, l’expo se veut un laboratoire visuel multipliant les documents (films, dessins, magazines, etc.) afin de mettre à plat les mécanismes à l’œuvre dans la fabrique des images felliniennes. Cette postmodernité, d’un Fellini faisant feu de tout bois (presse, télé, pub) pour créer un cinéma éclatant le simple récit, est parfaitement rendue. D’autant plus qu’elle a un prolongement heureux avec l’expo annexe « A chacun sa vérité » de Vezzoli, plasticien qui fabrique, à son tour, des images d’images felliniennes afin de montrer que chez Fellini le monde est vu, non seulement à travers ses obsessions, mais aussi via le prisme des médias.

Manifestement, le dédale du Fellini Circus au Jeu de Paume, articulé en quatre sections (La culture populaire, Fellini à l’œuvre, La Cité des Femmes, L’invention biographique), sert bien le côté foisonnant de l’imagination débordante du Maestro. Parfois, le parcours offre de l’inédit bienvenu car il rappelle combien le mythe fellinien se nourrit des films mais également de tout le méta-cinéma qu’il y a autour de Fellini Superstar : les dessins de Fellini pour ses films et pour son mythique Livre des rêves (1960/90) sont d’une invention graphique fascinante. A côté de ces points positifs, notons toutefois que cette Grande Parade souffre de quelques scories. La muséification de pièces qui n’en valent pas la peine pose problème : à quoi cela sert-il d’exposer des tirages agrandis du beau Mastroianni ? Franchement, le magnifique catalogue édité pour l’occasion peut largement suffire ! La circulation est difficile dans les salles, les visiteurs stagnent devant les images animées des vidéos, ce qui empêche de voir les images fixes (dessins, photos) alentour. Le manque de confort est regrettable : aucun siège pour regarder les extraits de films, c’est une expo physiquement bien fatigante. Enfin, on s’étonne que certains films (La Strada, La Dolce Vita, 8 ½) soient inlassablement présents pendant que d’autres (Casanova, La Voce della luna) sont à peine suggérés. Bref, étant persuadé que des expos réussies sur le cinéma sont possibles (cf. Tati à la Cinémathèque), j’attendais un peu mieux de cette Grande Parade de Fellini, qui s’avère tout compte fait bien moins grande que son titre ne le laissait initialement présager.

Légende photo : Federico Fellini (mars 1955) - coll. particulière © D.R.
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75008 Paris
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