Mercredi 14 novembre 2018

27 mar. - 03 mai. 2009

Paris Grand Palais

Collection Gallizia, Le tag au Grand Palais, 150 artistes internationaux

L’entrée de la Galerie sud-est s’effectue par une petite porte, juste après celle de la grande nef. Empruntant un somptueux escalier, le visiteur accède à la mezzanine. À quelques pas sur la gauche, une grande salle de 600 m², éclairée par une verrière zénithale, affiche sur ses murs en partie délabrés et recouverts de peinture noire un échantillon des plus grands noms du graffiti.

Les toiles multicolores, alignées 4 par 4 tranchent avec l’austérité habituelle des couloirs du métro dans lesquels le graffiti a pris ses appartements au début des années 1980. Afin de pouvoir transporter dans sa voiture les œuvres qu’il a commandées aux artistes, le collectionneur Alain-Dominique Galliera a privilégié un format unique : une double toile de 60 cm de large sur 180 de long. Le thème aussi leur a été imposé : l’amour. Bando, Blade, Crash, Darco, Daze, Jayone, Lady Pink, Moze, Phase 2, Quik, Psychose, Seen, Taki 183, Toxic, West... ils y sont tous hormis Futura 2000.

Que de pièces exceptionnelles, acquises avec acharnement par le collectionneur depuis 2003 ! Étrangement, la date du début de sa passion frénétique correspond également à celle de la première vente de Street Art en France. Coïncidence ou pas, l’architecte se défend de tout amalgame. Sa collection ne pourra pas être revendue ou dispersée. Sa volonté n’est autre que de faire connaître au grand public l’art de la rue. Pourtant, l’univers aseptisé dérange : propres et bien droites, au Grand Palais, les toiles s’enchaînent par centaines bien loin de l’esprit du graffiti.

Le street-art (regroupant tag, graffiti, pochoirs...), contestataire à ses débuts, investit désormais l’espace des musées et des galeries. Liés au mouvement hip-hop, ses premiers acteurs voulaient inscrire leur nom dans l’espace urbain afin de marquer un territoire. Alors des questions se posent : ce geste peut-il se cantonner à un support et à un thème imposé, même l’amour ? La toile constitue-t-elle le réceptacle approprié comme tend à le faire penser l’exposition présente ? L’esprit du graffiti perdure-t-il sur les murs parfaits d’un musée ou l’intérieur cosy d’un appartement « bobo » ?
« Le tag au Grand-Palais » manque cruellement d’authenticité, desservie par une scénographie parfaitement lisse inadaptée à un mouvement qui se veut avant tout revendicateur. Tout simplement trop sage...

Clémence Blochet
Informations pratiques
GRAND PALAIS

Avenue Winston Churchill
75008 Paris
France

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