Vendredi 23 février 2018

21 nov. - 15 mar. 08-09

Paris Fondation Cartier pour l'art contemporain

Terre Natale - Ailleurs commence ici

La première partie est constituée de films signés Depardon : dans une grande salle, on a la projection monumentale d’un film d’interviews de populations attachées à leur terre (Chili, Ethiopie, Bolivie, France et Brésil), Depardon donnant ici la parole à ceux qui se sentent menacés par la mondialisation. Dans une petite salle, ce documentariste présente aussi, via un journal de voyage, son tour du monde en solitaire en 14 jours. Au sous-sol, la seconde partie est placée sous la direction de Virilio : à l’aide d’une scénographie conçue par des artistes américains, ce philosophe autodidacte présente une première installation (Exits : Part 1), faite d’une mosaïque de 48 écrans traitant des mouvements de population sur le globe, puis une deuxième installation (Exits : Part 2), offrant une visualisation à 360° des migrations de population et de leurs causes (flux d’argent, réfugiés politiques, catastrophes naturelles). Cette installation interactive, proche d’un jeu de l’oie, est faite d’une myriade de données difficile à décoder : ici, on aurait vraiment besoin de médiateurs pour décrypter ce planisphère scientifique témoignant du jeu, peu rassurant, des migrations.

A l’inverse de la précédente expo qui exploitait au mieux la structure toute en reflets et transparence de la Fondation Cartier (César par Nouvel), cette expo-cartographie ne fait, in fine, pas grand-chose de la structure de verre et de métal, c’est d’autant plus regrettable que toutes les œuvres présentées ici ont été créées pour cette expo. Classiquement, l’ensemble du parcours est transformé en une « boîte noire » de cinéma, ça marche mais c’est sans réelle surprise. Enfin, pour ceux qui seraient frustrés de ne pas trouver de photographies de Depardon exposées, n’hésitez pas à monter à la librairie, en mezzanine, où l’on peut voir, à côté des livres publiés pour l’occasion, des polaroids originaux, et magnifiques, de ce grand photographe : Ouf, on respire !, le journalisme n’empiète pas sur l’art, la sobriété l’emporte sur le spectaculaire, et c’est tant mieux - on peut alors s’interroger, à loisir, sur nos « petits » modes de vie moderne sans se sentir pris en otage par une idéologie, certes convaincante, mais un tantinet alarmiste.

Informations pratiques
FONDATION CARTIER POUR L'ART CONTEMPORAIN

261, boulevard Raspail
75014Paris
France

Contact
+33 (0)1 42 18 56 50

www.fondation.cartier.fr
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