25 juin. - 29 sep. 2008

Paris Centre Pompidou - Musée national d'art moderne

Tatiana Trouvé

« 4 between 3 and 2 » est la tentative pour cette plasticienne de suggérer la 4ème dimension, une sorte d’entre-monde entre la 3ème et la 2ème qui inscrirait le temps à la surface du visible. On arrive dans un espace scindé en deux, une grille métallique noire le découpe en son centre. De chaque côté, on parcourt deux petits espaces faits de murets rectilignes, de portes transparentes, de miroirs et de longs couloirs, semble-t-il, sans limites et démultipliés. Troublant nos perceptions, ce piège à regard est ce qui marche le mieux, avec un parcours aussi bien physique que psychique. On retrouve ici les labyrinthes chers à cette artiste, à savoir des interstices qui se répondent par tout un jeu de vases communicants fonctionnant comme autant de faux-semblants pour le regardeur.

Puis, sur les murs est et ouest de l’espace, on tombe sur un sablier de poudre noire s’écoulant lentement d’une paroi, histoire d’enfoncer le clou en nous signifiant que le temps passe dans l’ensemble de l’exposition, on l’aura deviné ! On peut également observer au sol des objets en bronze qui se veulent étonnants en cherchant à se jouer des lois de la physique, comme par exemple une corde se dressant dans l’air. Ca marche plus ou moins bien - soyons francs, rien de renversant là-dedans.

Sur les murs, les dessins accrochés, de la nouvelle série Remanence, sont énigmatiques à souhait. Noirs sur fonds noirs, on y devine des ateliers improbables ou des paysages désertés faits de câbles électriques, de théâtres d’ombres, de baies vitrées et de claustras mixant intérieur et extérieur. Ces combinaisons de lignes forment une conjugaison heureuse avec l’ensemble du dispositif scénique, on a vraiment l’impression de connexions virtuelles échappant à notre entendement. Pour autant, cette expo me laisse sur ma faim. Je crois que cela vient du fait qu’une œuvre de Trouvé n’est jamais aussi forte que lorsque qu’elle vient contaminer l’espace environnant, par exemple son installation gigogne à l’expo collective Airs de Paris (2007, Beaubourg) était d’autant plus réussie qu’elle venait déborder sur le territoire d’œuvres signées par d’autres artistes. Ici, l’expo fonctionne assez bien, mais ça ronronne un peu, elle me semble trop refermée sur elle-même, trop auto-suffisante. L’effet de surprise et de mise en abyme n’est pas très convaincant, c’est dommage. Par exemple, en décloisonnant davantage l’espace 315, afin de brouiller encore plus les pistes, pourquoi ne pas avoir dressé de passerelles avec l’expo d’architecture (Dominique Perrault) qui se passe juste à côté ?

Informations pratiques
CENTRE POMPIDOU - MUSÉE NATIONAL D'ART MODERNE

Place Georges Pompidou
75004 Paris
France

Contact
+33 (0)1 44 78 12 33

www.centrepompidou.fr
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