29 mai. - 24 aoû. 2008

Paris Palais de Tokyo - Site de création contemporaine

Superdome

Malgré des panneaux explicatifs, de nombreux médiateurs culturels et une plaquette informative gratuite, le tout paraît brouillon, les correspondances entre les œuvres ne sont pas évidentes, mais d’aucuns diront que c’est voulu parce que le tout mixe, sur fond de Deleuze-Guattari plus ou moins assimilé, spectacle, vanités, décibels, prières, high-tech, chaos et tout le toutim ! A l’exception du Time Between Spaces de Monk qui s’avère lassant (on n’y comprend pas grand-chose hormis le fait qu’il s’agit d’une redite du jeu conceptuel entre copie et original pratiqué par Art&Language dans les 80’s), on ne peut pas dire qu’on s’y ennuie. Le parcours s’avère même distrayant. Avec Würsa (2008) de Firman, on croise un éléphant grandeur nature en équilibre sur sa trompe : effet bœuf garanti ! On tombe ensuite sur une cage métallique (Afasia 1, 2008, Sassolino) où un dispositif projette des bouteilles de bières à plus de 600 km/h, les détonations – agaçantes - ne manquent pas de faire sursauter certaines visiteuses. C’est assez drôle mais, bon, une fois l’effet de surprise passé, on se dit qu’on est dans un mini-parc d’attractions, ni plus ni moins.

Puis, on arrive devant un tas immense de déchets (Dump, 2008) duquel dépasse un gros tuyau permettant allées et venues. A l’intérieur, par deux et accompagnés d’un pompier, on visite un appartement de 400m², c’est bordélique, ça évoque les laissés-pour-compte tassés dans des bidonvilles et autres baraquements de fortune - claustrophobes s’abstenir ! En même temps, l’attente est tellement longue avant d’y entrer (j’ai patienté 3 heures !) qu’on se demande, à la fin, si le jeu en valait vraiment la chandelle.

Last but not least, on finit par tomber sur ce qu’il y a de plus fort dans Superdome : Last Manœuvres in the Dark (2008, Giraud&Siboni). Sur une musique d’outre-tombe (le tube des ténèbres), une armée de 300 Dark Vador nous fait face. Telle une menace fantôme, cette attaque de clones, entre 2001, Star Wars et Daft Punk, vient malicieusement interroger l’industrie culturelle, du côté obscur de la force… de l’art. Au-delà de sa beauté formelle, c’est une machine à fictions où il fait bon s’y perdre. Pour autant, une expo de bien sur cinq, ça fait un peu court, on reste sur sa faim en se disant qu’on aurait pu se passer de certaines propositions.

Informations pratiques
PALAIS DE TOKYO - SITE DE CRÉATION CONTEMPORAINE

13, avenue du Président Wilson
75116 Paris
France

Contact
+33 (0)1 47 23 54 01

www.palaisdetokyo.com
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