20 juin. - 30 sep. 2008

Paris Espace Claude Berri

Indian Focus - Artistes indiens contemporains dans la collection de Claude Berri

Tout d’abord, précisons que cette expo est très belle, la plupart des œuvres exposées sont de grande qualité plastique, la plus énigmatique étant selon moi Tropicalization of nature, Henri Rousseau restraint (Rina Banerjee, 2007), il s’agit d’une sculpture fantastique dont les plumes multicolores et le jeu d’ombres portées forment un dessin dans l’espace d’une beauté ensorcelante. Ce lieu d’exposition, superbement éclairé et aéré, permet une très bonne circulation afin de profiter pleinement des correspondances entre les différentes pièces (peintures, dessins, sculptures, installations). A n’en pas douter, le clou de cette expo, portant un regard critique sur une société indienne en proie à la globalisation et à des balancements entre tradition et modernité, est une immense installation signée Hema Upadhyay : Dream a wish, wish a dream (2006). Ce bidonville, avec ruelles et baraquements à l’infini, est constitué d’un plateau bancal fait de bric et de broc : morceaux de carrosserie, châssis de voitures. C’est chaotique, hallucinant et à mille lieues de la vision bollywoodienne ordinairement véhiculée par une image touristique de l’Inde.

Pour autant, celle-ci ne serait pas ce qu’elle est sans son goût prononcé pour le décoratif, les couleurs acidulées et les icônes, signes et autres symboles culturels. Ainsi, avec malice, et sur fond de culture pop occidentale interrogeant la sacralisation par les Indiens des biens de consommation, Barthi Kher nous présente, avec Smack down Raw (2006), une plaque d’aluminium haute en couleurs recouverte de bindi (ornements mis par les femmes et les filles sur leur front) ou encore Subodh Gupta, avec Black Thing (2007), réalise une fleur surréaliste faite d’une accumulation de cimta-chapatti, pinces en inox permettant aux Intouchables de saisir le pain sans le toucher.

Une petite réserve concernant cet artiste-star du marché de l’art : on a ici deux grandes toiles de lui (Idol Thief I et II, 2007) qui n’ont rien de fracassant, ces batteries de cuisine agrandies rappelant trop les peintures d’hyperréalistes américains comme Don Eddy ou Ben Schonzeit. Autre bémol, l’installation audiovisuelle de Valay Shende (Flower Child, 2006) souffre d’un accrochage quelque peu approximatif, une trop grande clarté venant gêner une bonne visibilité de sa bande vidéo. Enfin, malgré un très bon accueil et des catalogues des plasticiens mis à disposition à l’entrée, on aurait aimé, pour le visiteur lambda, une fiche informative permettant de faire encore plus ample connaissance avec des artistes qui, de toute évidence, gagnent à être connus.

Informations pratiques
ESPACE CLAUDE BERRI

4, passage Sainte-Avoye (entrée par le 8, rue Rambuteau)
75003 Paris
France

Contact
01 44 54 88 50

www.espace-claudeberri.com
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