12 jan. - 26 fév. 2008

Paris Galerie Daniel Templon

Gérard Garouste - La Bourgogne, la famille et l'eau tiède

La Bourgogne, c’est le paradis perdu de son enfance, la famille (celle de son enfance justement) c’est son cauchemar (mensonges, hypocrisie de la religion) et l’eau tiède peut être vue comme le juste milieu.

Voici une peinture théâtrale généreuse, couillue, virtuose même - avec un pinceau virevoltant, pas loin par moments d’une sorte de bad painting - et qui est aussi à l’aise dans les petits formats (46 x 33 cm) que dans les grands (270 x 320 cm pour Chartres, 2007). Par ailleurs, ces grandes huiles sur toiles lui permettent vraiment de libérer son pinceau-trublion, Garouste, comme on le sait, n’ayant pas son pareil pour nous faire partager son plaisir de peindre avec, à la clé, coups de brosses enlevés, dégoulinures, volutes baroques à souhait… : gare au Garouste, quoi ! Ainsi, dans cette peinture de formidable conteur à la Joe l’Indien, vous pourrez y croiser, aux côtés de ses modèles complices (sa femme Elisabeth, leurs deux enfants ainsi que l’acteur Denis Lavant), un Garouste farceur à quatre pattes, caché sous une peau d’âne (Le cirque Rosselin), sa mère zarbie sous forme de carafe improbable (Le coup de l’étrier) ou encore un faux Chien méchant tirant follement la langue et absolument poilant!

J’aime ce Garouste-là, celui qui se lâche, celui qui rugit (de plaisir ou de... colère) et qui déborde de sa facture classique pour aller lorgner du côté de l’incongruité plastique, voire du mauvais goût freestyle. Indépendamment du parcours fort agréable de l’expo (on se balade de toiles en toiles comme si l’on feuilletait un album de famille bien barré), on peut tout de même regretter deux choses. D’une part, rien de bien nouveau chez Garouste, celui-ci fait du Garouste même s’il faut avouer qu’il le fait très bien (!), et d’autre part, il y a tout de même comme un paradoxe à étaler ce « journal intime » via d’aussi grands espaces. Ok, ceux-ci nous permettent d’être immergés à fond dans l’action dépeinte, pour autant il est assez frappant de constater que les tableautins exposés dans une petite salle à côté fonctionnent aussi bien, sinon mieux. On se rapproche d’une petite toile et hop, à travers la proximité offerte, on a encore plus l’impression d’entrer dans le secret des Dieux ! Bref, les aficionados de Garouste vont se régaler avec ses toiles-rébus fonctionnant comme des devinettes, mais les autres risquent de trouver cette « pièce de théâtre » picturale un peu trop codée et se la jouant un peu trop en huis clos à la longue.

Vincent Delaury
Informations pratiques
GALERIE DANIEL TEMPLON

30, rue Beaubourg - Impasse Beaubourg
75003Paris
France

Contact
+33 (0)1 42 72 14 10

www.danieltemplon.com
Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque