Dimanche 17 novembre 2019

16 avr. - 13 juil. 2008

Paris Galeries nationales du Grand Palais

Figuration narrative, Paris (1960 - 1972)

Sur deux étages, dans cette expo ô combien gaie et colorée (cimaises peintes en gris, bleu, jaune, orange et rouge pétant!), on a affaire à une pléiade d’œuvres (peintures, tableaux-reliefs, objets, installations, films) d’artistes tels que Klasen, Arroyo, Equipo Crónica, Fromanger, Monory, Adami & consorts nourris de BD, de cinéma, de polar et de politique. Signalons que les panneaux explicatifs, sur les parois, sont attractifs et bien informatifs. Dans les différentes séquences du parcours très bien agencées (prémices, bandes dessinées, tableaux détournés, roman noir, figuration politique), ce sont surtout les peintures aux aplats vifs, souvent humoristiques, qui viennent nous sauter aux yeux - ces images-symboles, partagées en cases (Rancillac, Télémaque, Cueco), ont la force d’impact d’un drapeau. Nonobstant, ne nous leurrons pas, certaines restent très efficaces (selon moi, l’œuvre la plus puissante de l’expo est exposée dans l’escalier, M 301, à savoir un pneu géant, totem de la société de consommation, peint par Stämpfli, 1970) pendant que d’autres ont pris du plomb dans l’aile: Vivre et laisser mourir ou la fin tragique de Marcel Duchamp (1965), polyptique signé Aillaud-Arroyo-Recalcati, est bien tristounet, voire ennuyeux.

Par moments, cette expo-somme fait un peu fourre-tout. Certains (Monory, Aillaud) ont une place de choix, tant mieux pour eux, pendant que d’autres semblent sous-estimés. Ainsi, la formidable machine à images consuméristes démultipliées qu’est Erró n’a même pas une salle qui lui est propre, bizarre. En outre, l’espace pédagogique où se trouve une poignée d’écrans TV (entretiens d’artistes) est trop à l’étroit. Les deux fois où j’y suis passé, aucun poste n’était disponible.

Autre réserve, en fin de parcours, on arrive à la boutique du Grand Palais avec un merchandising à tout-va : magnets, CD, tee-shirt, cartes postales, affiches, marque-pages labellisés Figuration narrative. OK, le côté pop de celle-ci se décline parfaitement en produits industrialisés, pour autant on ne peut s’empêcher de se dire qu’on est ici très loin de la charge critique et explosive de l’esprit Mai 68 à l’œuvre dans le mouvement initial, ancré au départ très à gauche. In fine, malgré ces quelques réserves, cette expo sur la Figuration narrative est à faire car, bien que trop sage, elle est ludique à souhait et permet de (re)considérer à sa juste valeur un épisode appartenant pleinement à l’Histoire de l’art.

Informations pratiques
GALERIES NATIONALES DU GRAND PALAIS

3, avenue du Général Eisenhower
75008 Paris
France

Contact
+33 (0)1 44 13 17 17

www.grandpalais.fr
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