Samedi 23 novembre 2019

05 juil. - 23 nov. 2008

Avignon Musée d'art contemporain - Collection Lambert

Douglas Gordon - Où se trouvent les clés ?

Sous forme d’énigme, « où se trouvent les clés ? » le travail de Gordon développe la thématique existentielle de l’être à la fois un et universel. DG nous invite à un voyage au centre de son histoire, miroir de la nôtre. Le musée devient alors l’enveloppe d’un corps à l’intérieur duquel sont les organes. Sur les murs, maximes, proverbes et sentences courent, comme autant de tatouages sur la peau « it’better to know, it’s better not to know » ou «je ne peux pas t’oublier puisque je ne peux oublier ».

A travers le dédale des salles, dont le sens de circulation est indifférent, photographies et installations vidéo révèlent les strates d’une mémoire nourrie de culture éclectique : histoire de l’art, littérature, musique, télévision et surtout cinéma. Une expérience mentale sous-tendue par la dualité bien/mal, religion/culpabilité, violence/sexualité.

L’immersion commence dès la première salle : dans un espace rouge sang sont amoncelés 42 crânes/vanités - son âge - ornés d’une étoile. A côté, une photo de Man Ray montrant Marcel Duchamp de dos, le crâne orné d’une étoile.
Plus loin, sur un écran géant, une double projection superpose l’extase de Bernadette Soubirou et les plans illuminés de l’Exorciste : effet hypnotisant du bien se confondant au mal et inversement.
Dans le couloir intitulé « exercices de punition » une série de photos le montrent le front lacéré, comme la part diabolique qui est en lui. Dorian Gray sur l’écran attenant devient alors son double.

Dans la plus grande salle, plongée dans une opacité oppressante une cinquantaine de vidéos réalisées depuis 20 ans (chaque année DG ajoute un écran à sa vie ) restitue les fragments chaotiques de sa mémoire, ses rêves les plus secrets : scènes de cinéma, cobayes féminins, tête coupée encore remuante d’un condamnée à mort, histoires extraordinaires...
Dans une autre salle, le temps étire à l’infini le film « 24 Hours Psycho » d’Hitchcock, lui conférant une nouvelle et étrange atmosphère et « Dr Jekill et Mister Hyde » ridicule, n’arrive pas à se transformer.

Une pièce, la plus belle, - tapissée d’une centaine de photos de stars, les montrent, orifices brûlés tels des autodafés à la fois monstrueux et sublimes.

Où se trouvent les clés ? L’exercice est passionnant mais complexe. Nous ne les trouverons pas toutes, peu importe, reste l’impression forte d’un voyage à la fois sombre et lumineux, profond et truculent.

Informations pratiques
MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN - COLLECTION LAMBERT

Hôtel de Caumont - 5, rue Violette
84000 Avignon
France

Contact
+33 (0)4 90 16 56 20

www.collectionlambert.com
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