15 oct. - 19 jan. 08-09

Paris Cinémathèque française - Musée du cinéma

Dennis Hopper et le Nouvel Hollywood

Cette expo kaléidoscopique, comme si l’on regardait à travers le rétroviseur de Dennis Hopper, a pour ambition de célébrer cet acteur américain cultissime sous toutes ses facettes car celui-ci est non seulement un homme de cinéma hors norme - parrain du nouvel Hollywood, acteur chez Coppola, Altman, Lynch et cinéaste underground du road movie Easy Rider (1969) – mais aussi un peintre touche-à-tout, un très bon photographe, un collectionneur avisé d’art actuel (Ruscha, Salle, Schnabel…) et, par la même occasion, un formidable sismographe de l’Amérique (mé)contemporaine.

Pour le commissaire Mathieu Orléan, Hopper est « l’homme qui, par ses films, ses photos et peintures, n’a jamais cessé de traquer l’énigme qui se cache derrière les paradoxes de l’Amérique ». Ici, on est sur la route avec Dennis Hopper et le tout, combinant cinéma & arts plastiques, roule à fond la caisse !

Développée en 5 étapes (Dans les marges d’Hollywood, Les nouveaux mythes d’Hollywood, Quitter Hollywood, Los Angeles, le vrai visage d’Hollywood, Exploser Hollywood), on déambule dans cette expo-trip en y projetant ses propres fantasmes autour d’une Cité des anges, entre rêve et cauchemar.

Certes, un peu comme pour les expos David Lynch et Patti Smith, on n’évite pas un certain fétichisme à l’égard de l’artiste-star (on croise avec humour des clichés accompagnés de cartels du genre Dennis buvant un verre de lait et autres Dennis derrière son rideau de douche !), mais on a également affaire à un parcours d’une grande exigence artistique. Le relais entre les différents écrans (tableaux, photos, collages, films) permet souvent des dialogues savoureux entre les œuvres : dans la salle Los Angeles, le vrai visage d’Hollywood, le raccord entre un extrait du polar rap Colors (1988, Hopper) et des toiles-tags du même auteur montre bien que ce dernier n’est pas dans « l’art pour l’art » : il fait entrer la rue dans son salon borderline et sait saisir au plus près, à la façon d’une plaque ultra-sensible, la subculture des banlieues de Los Angeles.

De cette expo millefeuille, qui a l’intelligence scénographique d’éviter le trop-plein d’un hamburger écœurant, je retiens aussi le mur des très belles photos vintage signées Hopper, reflets d’une époque tourmentée (portraits, entre autres, de la superbe Jane Fonda et de l’engagé Martin Luther King), ses peintures-billboards hyperréalistes (dont son Andy Warhol with flower, 1963/2000) et, en ce qui concerne sa collection personnelle, un Basquiat (Untitled, 1987) d’une beauté sidérante - bon sang, Dennis, j’aimerais bien l’avoir dans ma collection privée celui-là !

Informations pratiques
CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE - MUSÉE DU CINÉMA

51, rue de Bercy
75012Paris
France

Le Journal des Arts.fr

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