Mardi 22 septembre 2020

06 oct. - 02 fév. 08-09

Paris Musée du Louvre

Autour des "Femmes d'Alger", Picasso et les maîtres

En termes d’accompagnement du visiteur et d’intelligence scénographique, la mieux est certainement celle du musée d’Orsay : Picasso / Manet. Au Grand Palais (Picasso et les maîtres) le problème est qu’il est souvent bien difficile d’approcher d’un tableau tant il y a de monde dans un certain nombre de salles parfois trop étroites. Quant à celle du Louvre, qui présente une vingtaine de variations picassiennes (1954-1955) d’après Femmes d’Alger dans leur appartement (1834, Delacroix), c’est l’accrochage qui laisse vraiment à désirer, en aucun cas la sélection des œuvres présentées.

On accède librement à cette expo avec le billet du musée - signalons au passage que la signalétique n’est pas claire. On doit traverser la salle de peintures françaises pour accéder au salon Denon. Les toiles de Picasso sont présentées sur fond rouge, ce qui est très bien car ça permet notamment aux blancs de la toile (en réserve) de ressortir. Par contre, ce qui est gênant, c’est que toute la série est située dans un lieu de passage très fréquenté, ce qui ne permet guère d’intimité avec des tableaux dont les scènes d’intérieur gagneraient à être vues dans un endroit plus feutré, d’autant plus que se trame ici un thème hautement picassien : l’artiste et son modèle, ou la femme exposée au regard du voyeur. On peut donc parler d’une conversation privée.

Or, un bruit ambiant pénible parasite souvent notre attention et, autre souci, on entend sans arrêt, de la part de gardiens de musée, des « Pas de photo Monsieur ! » adressés à des visiteurs qui ne saisissent pas bien, et on peut les comprendre, où ils peuvent ou non faire des photos au Louvre. Autre bémol, notre œil a bien du mal à se fixer sur les Picasso car au-dessus, entre les études picassiennes de format moyen et l’immense plafond d’apparat du salon Denon, se trouvent de grandes machines picturales, signées par des Guérin, Devéria et consorts, qui cohabitent vraiment mal avec des femmes nues que Picasso souhaitait faire dialoguer avec Delacroix, plus deux ou trois autres (du Bain turc d’Ingres à l’orientalisme sensuel des odalisques de Matisse), mais en aucun cas avec tout le monde !

Pourtant, montrer le Maître Picasso au Louvre, histoire de boucler la boucle, c’était une excellente idée. D’ailleurs, un panneau explicatif n’oublie pas de signaler qu’en 1947 le peintre-star avait présenté ses toiles dans la Grande Galerie à côté de Delacroix. Seulement, il fallait installer un dispositif qui privilégie avant tout le face-à-face Picasso/Delacroix. Certes, le génial Espagnol était un ogre mais, installé dans une conversation de salon… Denon ouvert à tous vents, on a cette fâcheuse impression qu’on voudrait en faire une voiture-balai !

Légende visuel : Pablo Picasso - Les Femmes d'Alger, version O (détail) - © Succession Picasso 2008
Informations pratiques
MUSÉE DU LOUVRE

Palais du Louvre - Place du Carrousel
Paris 75001
Ile-de-France
France

Contact
+33 (0)1 40 20 53 17

www.louvre.fr
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