Mercredi 30 septembre 2020

Des sculptures polychromées à la galerie De Vos

Par Marie Potard · lejournaldesarts.fr

Le 6 avril 2016 - 390 mots

PARIS [06.04.16] - « Quand la peinture devient sculpture », c’est le titre que Jacques De Vos a choisi pour sa nouvelle exposition rassemblant des œuvres sculptées peintes de 5 artistes du XXe siècle.

« Pourquoi un sculpteur, pour certaines de ses œuvres, a recours à la peinture » ? C’est la question que Jacques Devos, galeriste spécialisé en Art Déco, se pose lorsqu’il se retrouve devant de telles œuvres. « J’ai toujours été surpris qu’un artiste, comme Lipchitz par exemple, ait eu envie d’apporter de la peinture à une œuvre sculptée. Cet ajout utile de la couleur donne une grande force à l’œuvre », commente Jacques De Vos.

La sculpture, c’est son autre passion, en dehors l’Art Déco. Ces sculptures peintes, il les collectionne depuis 1971. « Je crois aussi que c’est la première fois qu’il y a cette idée de rassembler des sculptures polychromées », précise-t-il ; que la peinture soit apposée sur du bois, du métal, du bronze, des poutrelles…

32 œuvres sont présentées, de 5 artistes différents : Jean-Lambert Rucki à qui une salle est entièrement consacrée, Léon Borgey, Gio Colucci, Joseph Constant ou encore Jean-Pierre Rives, répartis chacun dans des espaces bien définis. Certains séduisent plus que d’autres et parfois, trop de couleur « tue » la couleur.

Toutes les œuvres exposées ne sont pas à vendre puisque seule une vingtaine l’est, pour des prix allant de 12 000 à 70 000 euros. « La plupart des pièces uniques, je les garde », souligne le galeriste.

Ces artistes, oubliés et souvent méconnus, n’ont pas connu la gloire d’un Lipchitz ou d’un Laurens. Léon Borgey, ami de Zadkine, n’a d’ailleurs jamais percé. L’exposition présente 6 œuvres de lui dont Le Joueur d’accordéon (45 000 euros).
L’œuvre phare est une Maternité, vers 1920, de Joseph Constantinovsky dit Joseph Constant (1892-1969), en pièces de bois assemblées, qui, elle, bizarrement a perdu de sa polychromie. Petit coup de cœur pour Jean Lambert-Rucki (1888-1967), qui a renouvelé l’art sacré de 1933 à 1960. Au centre de la seconde salle (qui est l’espace Seven dévolue à Alexandre De Vos fils), trône son Annonciation, vers 1938, en bronze polychromé (prix : 60 000 euros).

« La clientèle pour ce genre d’œuvres, est avant tout française, puis américaine et est très différentes de celle de l’Art Déco ! », explique Jacques De Vos.

Galerie Jacques De Vos – Espace Seven, jusqu’au 30 avril, 7 rue Bonaparte, 75006 Paris, tél 0143298894.

Légende photo
Leon Borgey, Femme marchant, 1939, Bronze polychromé, 82,5 x 51,5 x 26 cm - Galerie de Vos

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