Dimanche 23 février 2020

Décès de l’artiste Carol Rama

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 28 septembre 2015 - 371 mots

TURIN (ITALIE) [28.09.15] – Carol Rama est décédée vendredi 25 septembre à son domicile de Turin, à l’âge de 97 ans. Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris venait de lui consacrer pour la première fois en France une grande exposition monographique, ayant permis de redécouvrir son œuvre inclassable.

Artiste autodidacte née à Turin en 1918, Carol Rama était connue pour ses peintures érotiques, qui interrogeaient les notions d’identité sexuelle féminine. Elle est décédée vendredi 25 septembre à son domicile de Turin, à l’âge de 97 ans.

Cette artiste excentrique et controversée fut admirée par beaucoup de créateurs et intellectuels du XXe siècle dont l’architecte Carlo Mollino, le poète Edoardo Sanguineti, Italo Calvino, ou encore Andy Warhol et Man Ray. Son parcours artistique se caractérise par de constants développements, une expérimentation sans fin, et une vie marquée par le suicide de son père et la névrose de sa mère.

Dès l’âge de 15 ans Carol Rama invente son propre système visuel et commence à produire des aquarelles érotiques, qui lui vaudront la censure pour sa première exposition en 1945, à la Galleria Faber de Turin. « Je n’ai pas eu besoin de modèle pour ma peinture, le sens du péché est mon maître », avait-elle déclaré un jour. Dans les années 50 sa peinture devient plus abstraite et la rapproche du mouvement de l'art concret. Dix ans plus tard, elle s’oriente vers des manipulations plus informelles, mixant les matériaux les plus divers comme les yeux de verre, les dents et les griffes d’animaux, ou bien les chambres à air en caoutchouc, utilisées de la même manière que la peau et la chair. Les décennies suivantes ont été marquées par le développement de ces peintures-collages interrogeant toujours le corps et la sexualité, qualifiées souvent de « Povera Queer ». Enfin 2003 a été l’année de son sacre le plus important: la remise du Lion d'Or pour l'ensemble de sa carrière à la 50e Biennale de Venise.

Marginalisée par l’histoire de l’art, Carol Rama a fait l’objet d’une redécouverte grâce à la récente rétrospective que lui ont successivement consacré cette année, le MACBA de Barcelone, puis le Musée d’art moderne de la Ville de Paris, du 3 avril au 12 juillet.

Légende photo

Masturbazione, 1944, collection privée, © Photo Dario Tettamanzi, © Archivio Carol Rama, Torino

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