Jeudi 13 décembre 2018

Photographie

Jean-François Leroy claque la porte de l’Arche du Photojournalisme

Par Christine Coste · lejournaldesarts.fr

Le 3 octobre 2018 - 481 mots

PARIS

Le directeur de Visa pour l’Image est en désaccord avec les contraintes d’exposition que lui impose le gestionnaire des lieux.

Jean-François Leroy
Jean-François Leroy
© photo Stephan Vanfleteren

Le reportage Mariées trop jeune de Stéphanie Sinclair avait inauguré le 15 juin 2017 l’Arche du Photojournalisme installé sur le toit de la Grande Arche de la Défense. Seulement humains de Pascal Maitre qui s’achève le 11 octobre sera la dernière exposition du lieu, du moins celle programmée par Jean-François Leroy

Le fondateur et directeur de Visa pour l’image et la société City One 111, filiale du groupe City One en charge de l’exploitation du Toit de la Grande Arche, ont convenu d’un commun accord de mettre un terme au contrat de trois ans renouvelable qui les liait compte tenu des divergences de visions sur l’Arche du Photojournalisme. 

C’est donc à mi-mandat que Jean-François décide de quitter ses fonctions. Il s’en explique : « Pour moi, il y a incompatibilité entre la fidélisation d’un espace culturel et la rentabilisation compréhensible de City One de cet espace. Je ne peux fidéliser avec des expositions qui ferment deux jours par semaine voire douze jours pour l’exposition de Guillaume Herbaut pour des raisons de privatisation des espaces », voire encore davantage puisqu’entre la fin de l’exposition de Guillaume Herbaut le 13 mai et le début de celle de Pascal Maitre, le 6 juillet, huit semaines se sont écoulées. 

Jean-François Leroy savait que les espaces d’exposition seraient privatisés, la salle centrale de l’Arche du Photojournalisme a été aménagée pour cela. Mais « on ne m’avait pas prévenu qu’on enlèverait systématique les tirages, ni d’une fermeture le week-end »

Il est vrai que de son côté, City One 111 n’avait pas choisi Jean-François Leroy ni fait le choix de la création de l’Arche du photojournalisme. Quand le groupe de construction Eiffage associé aux architectes Valode & Pistre remporte le marché de la rénovation du pilier sud et de la terrasse de la Grande Arche de la Défense, leur projet prévoit sur le toit la création de l’Arche du Photojournalisme confiée à Jean-François Leroy. Ce n’est qu’une fois le contrat de partenariat public privé signé entre l’État et Eiffage, que City One 111 a été retenu pour l’exploitation des quatre ascenseurs panoramiques et les 11 000 m2 du toit dont 1 400 m2 sont réservés à l’Arche du Photojournalisme. 

Aucun chiffre de fréquentation n’a été communiqué.

Le départ de Jean-François Leroy ne signifie pas pour autant la fin des expositions photos. L’animateur radio/télé Nikos Aliagas a d’ores et déjà annoncé une exposition fin octobre dans les lieux. Devraient suivre Yann Arthus-Bertrand et Jean-Marie Périer. Des têtes d’affiche bien loin de la ligne éditoriale de l’Arche du photojournalisme qui devrait voir son nom évoluer. Une évolution qui prive Paris de son seul et unique lieu consacré au photojournalisme mais qui rompt aussi avec le projet porté par Eiffage et le cabinet Valobre & Pistre, et retenu par l’État.

 

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