Samedi 24 février 2018

Design

Alfredo Häberli

Un pas chaloupé.

Par Christian Simenc · Le Journal des Arts

Le 6 janvier 2009

La météo peut parfois être rude avec le cuir. La pluie ou, pis, la neige ne sont pas sans conséquences sur les souliers, vernis ou pas.

C’est pourquoi sont apparues, au fil du temps, quelques « protections » spécifiques pour les chaussures, lesquelles se révélèrent, à l’usage, plus ou moins efficaces. Au Québec, par exemple, on n’hésitait pas jadis, en hiver, à enfiler sur ses souliers une seconde semelle extérieure étanche, baptisée « chaloupe ». Les Québécois en usaient pour éviter que le « calcium » – vocable local qui signifie : « mélange de sel et de sable » – ne vienne ronger le cuir. Une version plus enveloppante qui remontait jusqu’aux lacets permettait, jadis également, de protéger davantage encore la chaussure. On les appelait les « par-dessus ». Or ces deux accessoires essentiels au passage en sécurité de l’hiver canadien ont peu à peu été remisés au rayon des vieilleries.
La firme espagnole Camper vient, elle, justement de sortir une nouvelle protection en caoutchouc pour chaussure, baptisée la Camperméable. On dirait un sabot, mais tout mou, un peu comme ceux que les jardiniers utilisent pour parcourir leurs plates-bandes. Il s’agit, en fait, d’une « sur-chaussure » dans laquelle on vient glisser le soulier à protéger. Celle-ci a été dessinée par Alfredo Häberli, designer né en 1964 à Buenos Aires mais installé à Zurich depuis 1977, sa famille ayant alors décidé de quitter l’Argentine pour émigrer en Suisse, pays d’origine de l’un des grands-parents. En 1986, Häberli débute les cours de la Höhere Schule für Gestaltung, « la » fameuse école de design de Zurich, et entame une collaboration qui deviendra régulière avec une institution de la ville, le Museum für Gestaltung, d’abord comme designer puis comme commissaire de nombreuses expositions. En 1991, il décroche son diplôme en design industriel et ouvre, deux ans plus tard, son premier atelier avec son alter ego de l’époque, Christophe Marchand. À l’orée du nouveau siècle, il fonde, en solo cette fois, l’atelier Alfredo Häberli Design Development et œuvre depuis pour nombre de grands éditeurs, dont Alias, Asplund, Cappellini, Iittala, Kvadrat, Luceplan, Magis, Offecct, ou encore, Zanotta.
Chez Camper, l’homme est loin d’être un inconnu. Il est notamment l’auteur de l’aménagement intérieur de deux boutiques-phares de la marque : celle de la Rambla de Catalunya, à Barcelone, et celle de la Rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris. Mais surtout, Häberli s’est déjà frotté au monde de la chaussure. En 1990, en effet, le designer avait imaginé pour le chausseur helvète Bally, lequel cherchait à réduire ses coûts de production, un projet amusant intitulé « Eine neue Art Schuh ». Celui-ci consistait en un système assurément original : une chaussure composée de deux éléments amovibles. Une partie « arrière », dont le talon, et une partie « avant », interchangeable, constituée de trois modules distincts : une version ouverte, fermée ou montante. Le projet resta néanmoins dans les cartons.
Cette fois, en revanche, avec le manufacturier ibère Camper, le projet est bel et bien en production. Alfredo Häberli a dessiné une ligne Homme (« Together ») comprenant deux chaussures, un mocassin et une bottine. Sans oublier cette « arme » imparable anti-mauvais temps donc, la Camperméable, protection conçue dans la foulée pour aller de concert avec chacun des modèles édités. Il ne devrait donc y avoir aucun problème à trouver « sur-chaussure » à son pied !

La météo peut parfois être rude avec le cuir. La pluie ou, pis, la neige ne sont pas sans conséquences sur les souliers, vernis ou pas. C’est pourquoi sont apparues, au fil du temps, quelques « protections » spécifiques pour les chaussures, lesquelles se révélèrent, à l’usage, plus ou moins efficaces. Au Québec, par exemple, on n’hésitait pas jadis, en hiver, à enfiler sur ses souliers une seconde semelle extérieure étanche, baptisée « chaloupe ». Les Québécois en usaient pour éviter que le « calcium » – vocable local qui signifie : « mélange de sel et de sable » – ne vienne ronger le cuir. Une version plus enveloppante qui remontait jusqu’aux lacets permettait, jadis également, de protéger davantage encore la chaussure. On les appelait les « par-dessus ». Or ces deux accessoires essentiels au passage en sécurité de l’hiver canadien ont peu à peu été remisés au rayon des vieilleries. La firme espagnole Camper vient, elle, justement de sortir une nouvelle protection en caoutchouc pour chaussure, baptisée la Camperméable. On dirait un sabot, mais tout mou, un peu comme ceux que les jardiniers utilisent pour parcourir leurs plates-bandes. Il s’agit, en fait, d’une « sur-chaussure » dans laquelle on vient glisser le soulier à protéger. Celle-ci a été dessinée par Alfredo Häberli, designer né en 1964 à Buenos Aires mais installé à Zurich depuis 1977, sa famille ayant alors décidé de quitter l’Argentine pour émigrer en Suisse, pays d’origine de l’un des grands-parents. En 1986, Häberli débute les cours de la Höhere Schule für Gestaltung, « la » fameuse école de design de Zurich, et entame une collaboration qui deviendra régulière avec une institution de la ville, le Museum für Gestaltung, d’abord comme designer puis comme commissaire de nombreuses expositions. En 1991, il décroche son diplôme en design industriel et ouvre, deux ans plus tard, son premier atelier avec son alter ego de l’époque, Christophe Marchand. À l’orée du nouveau siècle, il fonde, en solo cette fois, l’atelier Alfredo Häberli Design Development et œuvre depuis pour nombre de grands éditeurs, dont Alias, Asplund, Cappellini, Iittala, Kvadrat, Luceplan, Magis, Offecct, ou encore, Zanotta. Chez Camper, l’homme est loin d’être un inconnu. Il est notamment l’auteur de l’aménagement intérieur de deux boutiques-phares de la marque : celle de la Rambla de Catalunya, à Barcelone, et celle de la Rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris. Mais surtout, Häberli s’est déjà frotté au monde de la chaussure. En 1990, en effet, le designer avait imaginé pour le chausseur helvète Bally, lequel cherchait à réduire ses coûts de production, un projet amusant intitulé « Eine neue Art Schuh ». Celui-ci consistait en un système assurément original : une chaussure composée de deux éléments amovibles. Une partie « arrière », dont le talon, et une partie « avant », interchangeable, constituée de trois modules distincts : une version ouverte, fermée ou montante. Le projet resta néanmoins dans les cartons. Cette fois, en revanche, avec le manufacturier ibère Camper, le projet est bel et bien en production. Alfredo Häberli a dessiné une ligne Homme (« Together ») comprenant deux chaussures, un mocassin et une bottine. Sans oublier cette « arme » imparable anti-mauvais temps donc, la Camperméable, protection conçue dans la foulée pour aller de concert avec chacun des modèles édités. Il ne devrait donc y avoir aucun problème à trouver « sur-chaussure » à son pied ! N. B. : La Camperméable existe en bleu, vert et gris. Chaque coloris est coordonné avec une couleur précise de chaussure. La doublure intérieure, elle, est en velours rouge. La Camperméable n’est pas vendue séparément. Prix du duo : de 350 euros (chaussures « sur-chaussures ») à 395 euros (bottines « sur-chaussures »).

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°294 du 9 janvier 2009, avec le titre suivant : Alfredo Häberli

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