Mercredi 19 décembre 2018

Profession

Médiateur culturel

Par Sophie Flouquet · Le Journal des Arts

Le 25 juillet 2007 - 812 mots

Conférencier, communiquant, concepteur de projet…, cet intercesseur entre les publics et la culture est devenu un professionnel polyvalent.

Passeur de culture. L’expression définit de manière assez juste le métier de médiateur culturel, profession neuve apparue au début des années 1990 pour faire évoluer ce qui s’appelait auparavant les missions éducatives du musée. Intercesseur entre le public et l’artiste ou le musée – le spectacle vivant en emploie également un important contingent –, ce professionnel est venu combler un vide dans l’organigramme des établissements voulant conquérir de nouveaux publics. Le choix du vocable n’est pourtant pas sans ambiguïté : le médiateur est en effet celui qui sert d’intermédiaire, de négociateur, mais en général pour concilier deux parties en opposition. Faut-il comprendre, dès lors, qu’il y a un arbitrage à exercer entre les publics et les institutions culturelles ? C’est avec la volonté de réconcilier le public et l’art contemporain que travaillent en effet de nombreux centres d’art. Au Palais de Tokyo/Site de création contemporaine, à Paris, une équipe d’une quinzaine de médiateurs est ainsi chargée d’assurer l’interface avec les visiteurs, de la visite guidée aux conseils bibliographiques en plusieurs langues. Ces « experts » sont souvent de jeunes diplômés, mais aussi des artistes, qui trouvent par ce biais un moyen de subvenir à leurs besoins. Fort de cette expérience, le Palais de Tokyo ouvrira à la rentrée une « unité de formation par l’apprentissage » à la médiation, spécialisée dans les jeunes publics. Une première pour un centre d’art.

Homme-orchestre
Si le concept a d’abord été utilisé pour désigner les animateurs et les conférenciers, le métier a sensiblement évolué au cours de ces dernières années. Dans bon nombre d’institutions, le médiateur cumule désormais un nombre important de missions, ce qui tend à troubler la lisibilité des contours du métier. Ayant pris conscience de l’enjeu social et surtout économique du patrimoine et de la culture, institutions, associations et autres structures de diffusion ont en effet souhaité s’offrir les services de personnels compétents et capables de s’adresser à des publics divers. Le manque de moyens et la faiblesse des effectifs a fait le reste, transformant souvent le médiateur en homme-orchestre, agissant dans les domaines de la conception de projets – y compris les expositions dans les petites structures – ou de l’animation culturelle. Mais il peut œuvrer aussi à la communication, à la recherche en partenariat ou encore à l’étude des publics, l’évaluation des actions, la stratégie de diffusion culturelle… À tel point que certains professionnels parlent aujourd’hui de groupes de métiers liés à la médiation culturelle. « Il s’agit d’un métier très riche et qui s’est fortement professionnalisé, nuance une médiatrice attachée à un centre d’art contemporain en région. Notre mission est d’initier des actions de sensibilisation avec tous les publics, mais nous avons également la possibilité d’engager une programmation hors les murs entre le public et les artistes. »

Travail d’équipe
Le médiateur relève de statuts différents – fonctionnaire, salarié, vacataire ou intermittent du spectacle –, et ses missions et responsabilités varient sensiblement en fonction de la structure qui l’emploie. Maillon-clef de l’animation, de l’accueil, de la diffusion et du rayonnement, le médiateur doit savoir travailler en équipe et faire la liaison entre les différents services de l’établissement. Doté d’une solide culture générale et d’une bonne connaissance du contexte local dans lequel s’inscrit l’établissement, il doit allier inventivité et pédagogie, mais aussi adhérer au projet culturel porté par le directeur de la structure. Les places sont toutefois devenues rares, malgré l’ouverture de postes auprès des collectivités territoriales, pour lesquelles les médiateurs assument un travail de terrain souvent lié à la valorisation touristique et patrimoniale. Si les salaires dépassent souvent à peine le smic, les médiateurs peuvent connaître des possibilités d’évolution vers des postes de direction, en justifiant toutefois d’une solide expérience.

Formations

Le métier de médiateur peut être accessible après une formation universitaire plurielle (histoire de l’art, communication, développement de projets culturels) complétée par une formation en pédagogie. Une nouvelle formation débutera à la rentrée 2007 au Palais de Tokyo/Site de création contemporaine, en collaboration avec l’université Paris-XII, le CFA Paris-Académie-Entreprises et l’EAC : - Unité de formation par l’apprentissage (UFA) « Médiateur jeune public » Palais de Tokyo, 13 av. du Pdt-Wilson, 75016 Paris, tél. 01 47 23 39 95 www.palaisdetokyo.com/ufa/formation.html Accès : bac 2, moins de 26 ans Durée : 18 mois en apprentissage (rémunération entre 41 % et 61 % du smic en fonction de l’âge et du niveau d’études) Plusieurs écoles privées délivrent également une formation spécifique : - École des métiers de la culture (EAC) : 13, rue de La Grange-Batelière, 75009 Paris, tél. 01 47 70 23 83, www.groupeeac.com - Icart (Institut supérieur des carrières artistiques), 61-63, rue Pierre-Charron, 75008 Paris, tél : 01 53 76 88 00, www.icartparis.com Icart, 8, parvis des Chartrons, 33074 Bordeaux CEDEX, tél. 05 56 44 56 22, www.icartbordeaux.com - IESA, Institut d’études supérieures des arts, 5, av. de l’Opéra, 75001 Paris, tél. 01 42 86 57 01, www.iesa.fr

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°263 du 6 juillet 2007, avec le titre suivant : Médiateur culturel

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