Mardi 10 décembre 2019

Renard s’en va

Le Journal des Arts

Le 5 avril 2002 - 424 mots

Pressentie depuis que la crise interne au Centre des monuments nationaux (Monum) a été portée sur la place publique, la démission de son président, Jacques Renard, a été remise à Catherine Tasca, le 25 mars. En deux ans, il avait réussi, par une politique pour le moins maladroite, à se mettre à dos l’ensemble du personnel.

PARIS - C’est avec soulagement, sinon avec joie, que les salariés du Centre des monuments nationaux (Monum) ont accueilli la nouvelle de la démission de leur président, Jacques Renard. Ce renoncement constitue la conséquence logique d’un divorce consommé entre la direction et le personnel. Depuis quelques semaines, l’ambiance s’était pour le moins gâtée. Après l’enquête du Figaro révélant les errements d’une politique absurde, les tensions internes à l’établissement avaient été portées sur la place publique. À la demande du ministère, informé par deux rapports d’inspection, Jacques Renard avait limogé ses deux plus proches collaborateurs, Patricia Loué, sous-directrice de l’action culturelle et du développement, et Henri Maurel, sous-directeur de la communication et du mécénat (lire le JdA n° 143, 22 février 2002). Il avait d’abord été question de réintégrer ce dernier à un autre poste, mais les critiques qu’il avait formulées dans Le Monde lui avaient définitivement fermé les portes de l’établissement. Jacques Renard était alors resté sourd aux demandes insistantes de démission venues du ministère.

Insatisfaits par ces demi-mesures, les syndicats étaient revenus à la charge. Déléguée CFDT, Christine Richet, par ailleurs adjointe au directeur des éditions, a fait les frais de son engagement, et la direction a refusé de renouveler le contrat de cette fonctionnaire détachée du ministère, en prenant prétexte d’une lettre très critique adressée par Christine Richet à la tutelle. Le président de Monum a ainsi commis la faute de trop, en radicalisant l’opposition du personnel, qui a fait circuler une pétition de soutien à Christine Richet. Celle-ci devrait finalement conserver son poste. Refusant de reconnaître l’évidence, Jacques Renard, dans sa lettre de démission, estime que son “action réformatrice” “a, sans doute, dérangé des habitudes acquises, ébranlé de commodes certitudes, irrité quelques corporatismes”. Il était certes judicieux de déconcentrer le fonctionnement de l’établissement en confiant plus de responsabilités aux administrateurs de monuments. Mais la volonté forcenée de ne considérer les monuments historiques que comme des lieux destinés à accueillir des spectacles, des expositions d’art contemporain, quand ce n’étaient pas des soirées privées, ne pouvait susciter l’adhésion du personnel. Pour le ministère de la Culture, il était plus que temps de mettre fin à cette crise, qui entachait la politique patrimoniale, déjà peu glorieuse, du gouvernement.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°146 du 5 avril 2002, avec le titre suivant : Renard s’en va

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