Photographie

Le Journal des Arts

Le 3 décembre 1999

Apocalypses
Sans doute, en photographie, le plus beau livre de cette fin d’année, par son format panoramique, la qualité de son impression, sa couverture choc où s’allonge en gros caractères le titre, Chaos. Josef Koudelka nous offre le contraste d’un livre-objet traitant, avec la rigueur d’un travail systématique, des désastres des civilisations : massacre de l’écologie, urbanisation sauvage, voitures accidentées, couloirs de la peur, mais aussi destitution des héros de pierre du communisme… Ses cadrages, sa lumière donnent un rythme au désordre des blocs de béton, tracent des lignes de fuite dans la destruction de Beyrouth. Celui qui est devenu célèbre pour avoir photographié le Printemps de Prague, les Gitans, constate et donne à réfléchir devant les formes multiples que peut revêtir l’apocalypse en Bosnie, Croatie, Roumanie, Allemagne, France, États-Unis… Mais ce qui nourrit l’immédiate séduction des images peut aussi faire considérer que la balance penche un peu trop vers l’esthétisation, la recherche d’un effet et donc le bel objet.
- Josef Koudelka, Chaos, Nathan/Delpire, 112 p., 108 photos, format 30,4 x 42,4 cm, 345 F. ISBN 209-754 196-6.

Les Sixties
Avec ce livre, Richard Avedon veut souligner qu’il n’a pas été seulement le photographe du futile et du glamour, du star système et de la mode, mais qu’il a été totalement engagé dans son temps. Il a photographié les victimes de la guerre du Viêt-nam, les leaders des minorités, les hippies, les performances de la Warhol Factory. Des témoignages, des biographies une chronologie 1960-1973 complètent cette vision.
- Richard Avedon, Les Sixties, Plume, 240 p., 160 photos, 500 F. ISBN 2-84110-109-6.

Interrogations sur l’image
Depuis plus de quatre ans, Mathieu Pernot est devenu un familier de la communauté tsigane d’Arles, où il habite. Ses photographies, d’abord connues par des expositions à Arles et Paris, dépassent le portrait d’une minorité pour interroger le statut de l’image, de son apparente neutralité documentaire au fichage qu’elle a pu faciliter. Avec une conscience aiguë des implications de son travail, Pernot se confronte en même temps à l’histoire des tsiganes et à celle de la photographie.
- Mathieu Pernot, Tsiganes 1995-1998, Actes Sud, 112 p., 160 F. ISBN 2-7427-2503-2.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°94 du 3 décembre 1999, avec le titre suivant : Photographie

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