Jeudi 12 décembre 2019

L’Allemagne fédère sa culture

Le Journal des Arts

Le 3 mai 2002 - 453 mots

Imaginée par Günter Grass
il y a trente ans, une Fondation culturelle fédérale vient d’être créée par le gouvernement allemand. Ayant pour vocation la promotion des arts à un niveau national et international, cet organisme dont les efforts s’associeront aux fondations régionales, viendra également en aide aux institutions en difficulté.

HALLE (de notre correspondante) - Après des années de débats, la Fondation culturelle fédérale allemande (Kulturstiftung des Bundes) a enfin été mise en place le 21 mars. Alors que les questions culturelles étaient jusqu’alors le plus souvent gérées par les Länder par le biais des fondations régionales (Kulturstiftung der Länder), l’absence d’un organe national faisait cruellement défaut au pays. Ces dernières années, cela avait entraîné de nombreuses difficultés, notamment dans les rapports culturels avec l’Union européenne, et conduit à des négociations au cas par cas avec chacun des seize États fédérés. À la suite de la réunification, l’opportunité d’établir un programme national en repensant le fédéralisme – du moins en matière de soutien à la culture – a été largement débattue. Avec la nouvelle fondation, le ministre de la Culture, Julian Nida-Rümelin, met en œuvre une idée qui date de janvier 1973, lorsque Günter Grass avançait dans une lettre ouverte au chancelier Willy Brandt qu’un organisme national soutenant la culture était nécessaire. “Trente ans après, déclare Julian Nida-Rümelin, la voie est enfin ouverte à un nouveau mode de financement de l’art et de la culture, afin que l’Allemagne puisse affronter au mieux les défis culturels nationaux et internationaux.” Pour mettre en place le nouvel organisme, dont le siège se trouve à Halle (Saxe-Anhalt), un budget de 13 millions d’euros lui a été accordé, et à partir de 2004, il passera à 33,8 millions d’euros. Nommés par le ministre de la Culture, les directeurs en sont Alexander Farenholz, chargé de la gestion administrative, et la critique d’art Hortensia Völckers, déjà bras droit du ministre. Cette dernière s’était occupée, entre autres, de la Biennale de la danse de Munich et de la Documenta X de Cassel. Selon Julian Nida-Rümelin, la Fondation assumera un “rôle libre” : elle ne fera, en aucune façon, concurrence aux fondations culturelles régionales, mais sera un organe complémentaire. Parmi les secteurs qu’il privilégie figurent le cinéma, le théâtre et l’art contemporain. En outre, le ministre a promis de s’engager particulièrement dans le soutien des musées de Berlin qui font face actuellement à une crise sans précédent (lire page 15), et sur la question de la restitution des œuvres d’art que l’Allemagne s’était appropriées comme butin de guerre. Des financements prioritaires ont déjà été approuvés, comme l’acquisition d’une œuvre de Rebecca Horn pour le camp de concentration de Buchenwald ou le soutien à la participation des artistes non-européens à la prochaine Documenta.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°148 du 3 mai 2002, avec le titre suivant : L’Allemagne fédère sa culture

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