Dimanche 18 novembre 2018

L’Afromet se rebiffe

Elle réagit à la déclaration sur les restitutions des musées

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 10 janvier 2003 - 336 mots

Le 8 décembre, les directeurs des plus importants musées internationaux se sont réunis pour déclarer qu’ils se refusaient à restituer à leur pays d’origine les œuvres d’art qu’ils détiennent. Il n’en fallait pas plus pour provoquer l’indignation d’Afromet, l’association luttant pour le retour des trésors du patrimoine en Éthiopie.

PARIS - L’Association pour le retour des trésors éthiopiens de Maqdala (Afromet) a réagi avec force à la déclaration des dirigeants de musées internationaux statuant sur le non-retour des objets et œuvres d’art à leur pays d’origine (lire le JdA n° 161, 20 décembre 2002). Le 12 décembre, le professeur Andreas Eshete, codirigeant de l’association, a qualifié cette décision d’“euro-centrique.” Cette “violation flagrante des lois internationales” – le droit à la restitution est soutenu par l’Unesco et l’Union africaine – indigne le responsable, qui rappelle qu’un acte tel que le pillage de Maqdala par l’armée britannique en 1868 relève du vol et du sacrilège. Andreas Eshete signe à son tour une déclaration sans équivoque : “La culture de l’Éthiopie et celle des Africains devrait être accessible aux descendants de ceux qui l’ont produite. Peu sont ceux qui, des 60 millions d’habitants éthiopiens, ont la possibilité de visiter les grands musées d’Europe et d’Amérique du Nord pour découvrir leur héritage, et il est inconvenant de la part des directeurs de musées de demander aux spoliés de leur patrimoine d’avoir systématiquement à ramper pour le récupérer.”
Les inquiétudes d’Afromet s’inscrivent dans la cohérence de leurs combats. Depuis plusieurs années, l’association organise des manifestations devant les ambassades d’Italie pour demander le retour de l’obélisque d’Axoum, dérobée en 1937 par les armées de Mussolini – qui l’érigea à Rome devant son ministère pour l’Afrique. L’accord bilatéral signé en 1947 grâce au soutien de l’Unesco, qui promet le retour de l’obélisque dans son pays d’origine, a été réitéré en 1997 mais n’a toujours pas été honoré. L’obélisque, qui a été endommagée par la foudre, trône aujourd’hui devant le siège de la FAO (l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) à Rome...

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°162 du 10 janvier 2003, avec le titre suivant : L’Afromet se rebiffe

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