Vendredi 23 février 2018

La balade de l’Art déco

L’architecture londonienne des années 20-30

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 3 décembre 2007

Pour parachever la visite de l’exposition du Victoria & Albert Museum, Le Journal des Arts vous propose de découvrir à Londres quelques bâtiments particulièrement représentatifs du style Art déco.

OXO Tower
Commandée à l’architecte Albert Moore pour la société Liebig Extract of Meat, dont OXO était une filiale, la tour qui porte aujourd’hui son nom a été réalisée en 1928. Les célèbres lumières du bâtiment furent pensées de manière à contourner la loi interdisant l’affichage publicitaire lumineux sur les immeubles. En 1996, l’OXO Tower, dont les illuminations pouvaient être vues depuis Hampstead, a été transformée en centre commercial avec de nombreuses boutiques de jeunes créateurs, des restaurants et quelques habitations.
Oxo Tower Wharf, Bargehouse Street, South Bank, Londres, www.oxotower.co.uk.

Carlton Cinema
(aujourd’hui “Mecca Bingo Hall”)
Avec ses colonnes, ses formes pyramidales et ses ornementations figurant des fleurs de lotus, la façade du cinéma Carlton ressemble à un véritable temple égyptien ! Construit en 1930 par l’architecte George Cole, le bâtiment, avec toutes ses tuiles de couleurs, est facilement repérable. L’intérieur cache, quant à lui, un décor de type néoclassique français. De par ses nombreuses influences allant des Aztèques aux Égyptiens, ce cinéma exotique est plus typique des années 1920 que des années 1930.
Mecca Bingo Hall, 161-169 Essex Road, Londres ; accessible aux heures d’ouverture du cinéma.

Barkers Departement Store
Conçu par Bernard George et construit en 1937-1938, l’édifice rappelle la forme d’un odéon, avec ses deux tours de verre et son ornementation (une fresque figurant des femmes élégantes et des produits du magasin : mobilier, chaussures…). Encadrée d’acier, sa façade a été construite en pierre de Portland. Le bâtiment est d’un style qui associe le vocabulaire Art déco et une architecture plus classique type grand magasin. En 1998, il a été partiellement rénové.
Barkers Departement Store, 63-97 Kensington High Street, Londres ; accessible aux heures d’ouverture du magasin.

Apollo Victoria Theatre
D’abord appelé le “New Victoria Cinema”, ce bâtiment fut imaginé en 1930 pour créer un effet d’ensemble que les architectes Ernest Wamsley Lewis et W. E. Trent décrivent comme “nervuré à la façon habituelle d’une vieille radio”. Il a été transformé en théâtre dans les années 1970. Véritable palais sous les mers, l’intérieur est décoré de motifs marins : des dauphins et sirènes coquines animent le plafond du foyer, tandis que les lampes situées au-dessus des portes prennent la forme de coquillages surmontés de poissons.
Apollo Victoria Theatre (anciennement “New Victoria Cinema”), 17 Wilton Road, Victoria, Londres ; accessible aux heures d’ouverture du cinéma.

Hôtel Claridges
Vers 1925, Basil Ionides fut le premier architecte à appliquer le style Art déco au vieil édifice qui abritait l’hôtel Claridges. Par la suite, en 1929-1930, Oswald Milne conçut les halls et apporta quelques transformations à la décoration du restaurant. Les salles du célèbre salon de thé, le fumoir et le bar sont typiques du style Art déco. Chacune des cent chambres de l’hôtel a été décorée avec du mobilier des années 1920-1930, depuis la salle de bains jusqu’au bureau. En 2000, Thierry Despont a rénové le restaurant en respectant son identité Art déco.
Hôtel Claridges, Brook Street, Londres ; le hall et le restaurant sont accessibles au public.

Savoy Theatre
Décoré par Basil Ionides en 1929, qui s’était inspiré de sources chinoises, égyptiennes et mexicaines, l’intérieur du théâtre fut ravagé par un incendie en 1990. Restauré depuis, le bâtiment a retrouvé ses tons dorés et multicolores que produisent les laques et les vernis. Les cannelures des balcons (recouvertes de feuilles d’argent) contrastent avec les deux panneaux géants (des reliefs aux motifs chinois) de part et d’autre de la scène. Le hall d’entrée comprend un plafond à strates ondulantes, doté d’un éclairage dissimulé, et un sol en marbre aux motifs géométriques incrustés.
Savoy Theatre, Strand, Londres.

The Dorchester Hotel
Recouvert de béton et de granit poli, il s’agit d’un des hôtels les plus luxueux de la capitale anglaise. Imaginé par Owen Williams, auteur du fameux immeuble du Daily Express, sur Fleet Street, l’hôtel Dorchester a ouvert ses portes en 1931 et rend hommage aux débuts du jazz américain. Curtis Green a, pour sa part, participé à la conception des chambres. Les diverses rénovations qu’a subies l’édifice n’ont pas toutes été réussies, mais il subsiste quelques éléments Art déco disséminés ça et là.
The Dorchester Hotel, Park Lane, Londres ; le hall et le restaurant sont accessibles au public.

A voir également :

- Greater London House (anciennement “Carreras Cigarette Factory”?), Hampstead Road, Camdem Town, Londres ; immeuble de bureaux, inspiré de la tombe de Toutankhamon ; fermé au public. - Royal Institute of British Architects, 66 Portland Place, Londres ; conçu en 1932-1934 par George Grey Wornum ; ouvert au public tlj sauf dimanche, 8h-18h. - The Ideal House (anciennement National Radiator Company), angle des rues Argyll Street et Great Marlborough, Londres ; créé en 1929 par l’architecte des gratte-ciel américains Raymond Hood ; fermé au public. - Odeon Cinema, 22-24 Leicester Square, Londres ; édifice recouvert de granit noir, impressionnant avec sa tour de quarante mètres et son éclairage au néon, accessible aux heures d’ouverture du cinéma. - Daily Express Building (anciennement), 121-128 Fleet Street, Londres, conçu en 1930-1932 par Ellis & Clarke avec Sir Owen William ; fermé au public. - Dolphin Square, Grosvenor Road, Londres ; imposant immeuble de briques rouges sur près de deux hectares de jardins privés.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°169 du 18 avril 2003, avec le titre suivant : La balade de l’Art déco

Tous les articles dans Actualités

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque