Jeudi 12 décembre 2019

Ils ont marqué 2007 (part. II)

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 16 janvier 2008 - 633 mots

Réussites hexagonales, positionnement international, ventes records et nouvelles stratégies : les personnalités et événements qui ont fait l’année

Ariane Dandois, antiquaire
Après plus de trente ans de métier, l’antiquaire parisienne Ariane Dandois, femme volontaire au franc-parler, a fermé sa galerie de la place Beauvau au printemps 2007. En marge du classique mobilier français XVIIIe, elle s’était attachée à présenter des meubles et objets d’art européens des XVIIIe et XIXe siècles, un domaine qui n’a pas toujours eu bonne réputation, mais qu’elle a défendu avec conviction. Elle confie la dispersion du stock de sa galerie, soit plus de 800 pièces, à la maison Sotheby’s. La vente a lieu les 25 et 26 octobre 2007 à New York, misant sur une clientèle très largement américaine. Elle est précédée d’une exposition spectaculaire, confiée au décorateur Juan Pablo Molyneux et étendue sur les 1 600 mètres carrés du 10e étage du building new-yorkais de Sotheby’s. Le résultat dépasse toutes les attentes. 32,2 millions de dollars (22,1 millions d’euros) sont récoltés, contre 13 à 20 millions de dollars d’estimation. 97 % des lots sont vendus. C’est un record pour une vacation d’antiquaire. Après « une vie de femme d’affaires très rude » et cette sortie triomphale, la diva des antiquaires a choisi de se consacrer à des activités culturelles et caritatives.

Alain Delon, collectionneur
Le 15 octobre à Drouot-Montaigne, à Paris, la SVV Cornette de Saint Cyr a dispersé la collection Alain Delon consacrée à l’art d’après guerre. L’acteur avait réuni des œuvres de peintres français abstraits appartenant à la seconde école de Paris – soit une trentaine de pièces majoritairement achetées en vente publique –, ainsi qu’une dizaine de toiles du mouvement CoBrA. L’ensemble présentait l’avantage d’être quasi complet, relativement homogène en qualité, cohérent et bien daté. Avec 8,7 millions d’euros de recettes, soit pratiquement le double de l’estimation basse, et 100 % de lots vendus, ce fut un véritable succès commercial. La vente a été couronnée par une série de records, notamment pour Maurice Estève avec Noirbel (1957), et Constant, artist CoBrA, avec Twee Vogels (deux oiseaux) (1949), deux huiles sur toile adjugées 478 600 euros chacune. Les prix ont aussi atteint des records pour des artistes moins en vue tels Alfred Manessier, Olivier Debré, Jean Degottex, Oscar Gauthier et Jacques Germain, révisant ainsi leur cote à la hausse.

Sotheby’s, société de vente aux enchères
Poussée par la concurrence, la maison Sotheby’s a pris conscience de l’importance du marché de l’art parisien. En mars 2007, elle annonce plusieurs développements en France qui font de sa filiale à Paris l’un des piliers de la stratégie mondiale du groupe, avec pour objectif un accroissement de son activité dans l’Hexagone. Cela passe par un renforcement des équipes, initié déjà en 2006 avec l’arrivée en France de Nathalie Brunel à la direction du département Business Development, et de Patrick Masson, nouveau directeur des ventes en France. En 2007, Bruno Vinciguerra, nouveau directeur du développement stratégique mondial, a entamé sa mission à Paris afin d’identifier les axes de développement pour Sotheby’s en France. Sotheby’s fait l’acquisition de la SVV Calmels-Cohen. Philipp de Württemberg est promu au rang vice-président de Sotheby’s Europe, et Guillaume Cerutti lui succède au poste de président de Sotheby’s France. Enfin, Serge de Ganay, président de la banque privée Quilvest, devient membre du comité consultatif international de Sotheby’s. Fin 2007, les premiers effets sont déjà probants. Avec 119 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, Sotheby’s France enregistre un résultat supérieur aux chiffres des années 2005 et 2006 cumulés. Autre signal fort : la vente de Seated Woman (Portrait of Muriel Belcher) (1961), un tableau de Francis Bacon importé des États-Unis pour être proposé à Paris le 12 décembre dernier. Estimé au mieux 10 millions d’euros, il a été adjugé 13,7 millions d’euros, la plus haute enchère en France depuis 1989.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°273 du 18 janvier 2008, avec le titre suivant : Ils ont marqué 2007 (part. II)

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