Barthélémy Toguo : Redemption

Par Bertrand Dumas · L'ŒIL

Le 17 mars 2015 - 418 mots

Le Centre Pompidou vient de faire l’acquisition, auprès de la Galerie Lelong à Paris, de Redemption, première installation de l’artiste camerounais Barthélémy Toguo à rentrer dans les collections du Mnam.

Redemption
Titre bilingue en référence à Redemption Song de Bob Marley. Le texte engagé de la chanson, la dernière du chanteur alors atteint d’un cancer, emprunte certaines paroles à un discours de l’orateur panafricaniste Marcus Garvey (1887-1940). Comme le tube de Marley, Redemption est « un appel à la liberté et au salut des peuples ». Deux chaises monumentales placées face à face marquent la rencontre entre le Nord et le Sud. Pour y parvenir, précise Toguo, « l’homme doit d’abord se racheter, se purifier de toutes ses culpabilités pour recréer une alliance fraternelle ».

Tampons
Des tampons en forme de bustes, attributs implacables de l’administration, sont gravés de mots symboliques tels que « Barbarie », « Refoulés », « Do not cross border », « We face forward ». On retrouve leurs empreintes sur les quatre gravures offertes par l’artiste qui seront exposées près de l’installation dont elles découlent.

65 000 €
C’est le prix préférentiel consenti par la Galerie Lelong (Paris) afin de permettre au Centre Pompidou d’acquérir sur ses fonds propres uniquement cette œuvre monumentale de Barthélémy Toguo. Le Centre possédait déjà plusieurs aquarelles de l’artiste camerounais mais aucune installation.

Barthélémy Toguo
Découvert par le public français à l’occasion de l’exposition « Africa Remix », première exposition sur l’art contemporain africain organisée par le Centre Pompidou en 2005, l’œuvre de Barthélémy Toguo, né en 1967, porte un regard universel sur les peuples et les cultures. Son thème de prédilection : l’exil et les questions migratoires en général. Les éléments qui composent Redemption : des chaussures, une gamelle, des balluchons, des valises, jusqu’à la structure portante en bois, sont autant d’objets dérisoires et de matériaux bon marché qui évoquent la fatalité du départ et la précarité du migrant. On les retrouve combinés dans d’autres installations comme Climbing Down (2005) ou Road for Exile (2008). L’artiste, qui vit et travaille en France, conserve des liens étroits avec son pays d’origine où il a inauguré, en 2013, une fondation (Bandjoun Station) destinée à accueillir de jeunes artistes en résidence.

2012
Date de la première présentation de Redemption au sein de l’exposition collective « We Face Forward » organisée par la Manchester Art Gallery (Royaume-Uni). L’année suivante, l’installation est exposée à Arles dans la chapelle Sainte-Anne qui accueillait l’exposition « Dérive(s) » organisée dans le cadre de Marseille-Provence 2013.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°678 du 1 avril 2015, avec le titre suivant : Barthélémy Toguo : Redemption

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