Vendredi 23 février 2018

Arco reste le principal rendez-vous pour le marché du contemporain

180 000 visiteurs, 235 galeries sont attendus, la France est l’invitée d’honneur

Le Journal des Arts

Le 11 août 2008

Plus de 180 000 visiteurs sont attendus à la principale foire espagnole d’art contemporain, Arco, qui réunira 235 galeries à Madrid, du 11 au 16 février. La France est cette année le pays invité.

On a beaucoup spéculé l’an dernier sur l’avenir d’Arco, la foire d’art contemporain de Madrid créée en 1982. Depuis les changements à la direction de l’Ifema, l’institution composée de la Municipalité, de la Communauté et de la Chambre de commerce de Madrid qui organise la manifestation, il a souvent été question de la destitution de Rosina Gómez-Baeza, l’énergique directrice d’Arco depuis 1987.

L’Arco est en Espagne beaucoup plus qu’un événement commercial, comme en témoigne l’affluence massive du public – 183 000 visiteurs en 1998. La foire coïncide aussi avec une période d’intense activité culturelle et correspond au moment de l’année où les musées et les centres d’art proposent leurs meilleurs programmes. Nombreux sont ceux qui voudraient qu’Arco soit une biennale d’art contemporain espagnol et agissent comme s’il en était ainsi. La manifestation reste cependant un rendez-vous commercial, soumis aux aléas du marché. Son principal problème tient surtout au faible nombre de collectionneurs en Espagne.

Pour cette édition, un comité a sélectionné 235 galeries venant 30 pays. Chacune d’entre elles a payé son stand 900 francs le mètre carré. Avec 145 galeries étrangères pour 90 espagnoles, la participation internationale a augmenté de 27 % par rapport à 1998. Outre les Espagnols et les Français (37 galeries), 18 marchands allemands, 16 portugais, 14 américains et 11 italiens viendront à Madrid. La direction de la foire a insisté sur la bonne santé du marché international de l’art et de l’économie espagnole pour attirer galeries et collectionneurs.

Jusqu’à la création de la foire de Berlin, Arco avait la réputation d’être la foire européenne où l’on pouvait voir et acquérir l’art le plus contemporain. Pour renforcer cet aspect et suivre la tendance d’autres rendez-vous comme Paris, Bâle ou Cologne, la section “Project Rooms” a été lancée en 1998 avec un certain succès. Cette année, 25 projets – 9 espagnols et 16 étrangers – ont été sélectionnés par les galeristes Sandra Gering et Soledad Lorenzo, et les critiques et conservateurs Rosa Martínez, Octavio Zaya, Adriano Pedrosa et Nicolas Bourriaud. Les artistes des galeries sélectionnées disposent d’un espace individuel pour y développer un projet personnel. Il en ira ainsi de ceux de l’Argentine Liliana Porter, du Brésilien Irán do Espirito Santo, du Français Bertrand Lavier, des Espagnols Ana Laura Aláez ou Manuel Sáiz, et de l’Américain Jim Hodges. D’autres programmes de la foire soutiennent également la création très actuelle, en proposant des stands à prix réduits : “Cutting edge”, “East wind/west wind” et les présences nordiques. À côté de la section “Électronique”, un vaste programme de conférences et de débats réunira à Madrid la crème de la critique internationale, dont Harald Szeemann et Okwui Enwezor, respectivement nommés récemment directeurs de la Biennale de Venise et de la Documenta de Cassel. Rosina Gómez-Baeza, qui conserve pour l’instant son poste, semble avoir gagné la partie en maintenant la qualité et le caractère international d’Arco. Elle pense déjà aux éditions de 2000 et de 2001, dont les pays invités seront l’Italie puis la Grande-Bretagne. Aussi surprenant que cela puisse paraître, son allié principal dans cette dure bataille est le maire de Madrid, dont les goûts artistiques sont pourtant franchement classiques – ce qui aurait déjà réfréné l’enthousiasme de la directrice.

A voir

- ARCO’99, du 11 au 16 février, Parc des expositions Juan Carlos I, Pavillon 5 et 7 (Porte Nord), Madrid, tél. 34 91 722 50 17. Vernissage le 10 février à 20 h, visite professionnelle mercredi 10 février de 16h à 20h et jeudi 11 de 11h à 14h ; ouvert au public jeudi 11 de 14h à 21h, puis tlj de 12h à 21h ; Internet www.arco.ifema.es - Afrique : magie et pouvoir. 2500 ans d’art au Nigeria, jusqu’au 28 mars, Fundació La Caixa, Calle Serrano, 60, Madrid, tél. 34 1 435 48 33, tlj sauf mardi,11h-20h ; dimanche 11h-14h30. - Marc Chagall : traditions juives, jusqu’au 11 avril, Fundación Juan March, Castelló, 77, Madrid, tél. 34 1 435 42 40, tlj 10h-14h et 17h30-21h ; dimanche et jours fériés 10h-14h. - Contextes des collections permanentes 7 : Picasso, les corridas de 1934, jusqu’au 2 mai, El Greco : Identité et transformation, 4 février - 16 mai Musée Thyssen-Bornemisza, Palacio de Villahermosa, Madrid, tél. 34 1 36 90 151, tlj sauf lundi, 10h-19h - Pierrick Sorin, jusqu’au 1er mars, Chillida, jusqu’au 15 mars, Ilya Kabakov, jusqu’au 28 mars, Annette Messager, jusqu’au 3 mai, Man Ray. La photographie à l’envers, 15 février - 26 avril, Museo Nacional Centro de Arte Reina SofÁ­a, Santa Isabel, 52, Madrid, tél. 34 1 467 50 62, tlj sauf mardi 10h-21h ; dimanche 10h-14h30. - France - une nouvelle génération, Seize artistes dans les collections privées, Circulo de Bellas Artes (Cercle des beaux-arts), 12 février - 7 mars, Marqués de Casa Riera, 2.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°76 du 5 février 1999, avec le titre suivant : Arco reste le principal rendez-vous pour le marché du contemporain

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