Photographie

Paris-1er

Les audaces de Julia Margaret Cameron

Jeu de paume – Jusqu’au 28 janvier 2024

Par Christine Coste · L'ŒIL

Le 25 octobre 2023 - 307 mots

Regards  - À 48 ans, Julia Margaret Cameron (1815-1879) recevait, pour Noël, un appareil photo de la part de sa fille Julia et de son gendre.

Il sera le point de départ d’une création brève, douze ans, mais intense : elle produira en effet plus de 1 200 images entre 1863 et 1875, dont certaines sont passées à la postérité, tels les portraits de sa nièce, la mère de Virginia Woolf. Quarante ans après la première rétrospective consacrée à la photographe anglaise au Centre national de la photographie, à Paris, le Jeu de paume revient sur la carrière de cette portraitiste de renom, dont la manière d’envisager le visage a révolutionné en son temps la pratique du genre, non sans être vilipendée. Son recours au gros plan et son rapport à la technique qui s’autorise le flou et les accidents au tirage sont alors critiqués, tout comme ses mises en scène, jugées naïves. Le regard porté sur l’œuvre a, depuis, bien changé, comme le rappellent dès l’entrée de l’exposition les citations élogieuses d’artistes contemporains à son propos, de Paolo Roversi à Nan Goldin et Patti Smith. Le jugement des historiens et des conservateurs a lui-même évolué en quarante ans. Au Jeu de paume, les portraits de l’artiste sont tout autant mis en avant que ses mises en scène allégoriques de personnages ou d’épisodes de la Bible, de la mythologie ou de la littérature, lesquelles étaient peu montrées jusqu’au début du XXIe siècle. « Ce rééquilibrage est certainement plus conforme à ce que Cameron aurait souhaité, quand on se réfère aux expositions organisées de son vivant », souligne Quentin Bajac, co-commissaire avec Lisa Springer, conservatrice de la photographie au Victoria and Albert Museum de Londres, le musée principal détenteur des pièces exposées. Il n’en demeure pas moins que c’est la beauté de ses portraits que l’on imprime toujours dans sa mémoire.

« Julia Margaret Cameron. Capturer la beauté »,
Jeu de paume, 1, place de la Concorde, Paris-1er, www.jeudepaume.org

Thématiques

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°769 du 1 novembre 2023, avec le titre suivant : Les audaces de Julia Margaret Cameron

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque