États-Unis - Justice

Pour la justice, la ville de Miami Beach peut retirer une œuvre

Par Paul Bérat · lejournaldesarts.fr

Le 12 avril 2022 - 388 mots

MIAMI / ÉTATS-UNIS

La ville était poursuivie en justice pour avoir retiré d’une exposition une œuvre évoquant une violence policière.

Le Tribunal de Floride a donné raison à la ville de Miami Beach, poursuivie pour avoir retiré de l’exposition « ReFrame », qu’elle organisait en 2019, une œuvre de Rodney Rock Jackson. L’œuvre, intitulée Memorial to Raymond Herisse (2019), évoque l’affaire du jeune haïtien (22 ans) tué en 2011 par la police de Miami Beach, alors qu’il conduisait une voiture. L’affaire avait été très médiatisée à l’époque. 
 
En vinyle noir et blanc, le portrait de Raymond Herisse n’est resté qu’une seule journée accrochée aux cimaises de la salle d’exposition, avant d’être remplacé par une pancarte sur laquelle il était écrit : « cette œuvre a été retirée à la demande de la police de Miami Beach »

Saisie pour atteinte à la liberté d’expression individuelle, prévue par le premier amendement de la Constitution, la justice américaine a débouté les plaignants et fait droit à la décision de la ville de retirer l’œuvre.

La jurisprudence américaine reconnaît qu’une entité administrative a le droit de dire ce qu’elle veut et de sélectionner les opinions qu’elle souhaite exprimer. « Cette liberté comprend le choix de ne pas parler et de s’exprimer par la suppression de la parole que l’autorité administrative désapprouve », explique la juge Maria G. Cook, qui a  rendu le jugement. 

Or l’exposition « ReFrame », portée par la ville de Miami Beach, était de nature administrative, précise la juge : elle a été organisée à l’occasion du Memorial Day, une fête nationale donnée tous les ans en l’honneur des hommes et des femmes morts pour les Etats-Unis. Et a fortiori, explique la juge, les œuvres d’art présentent à l’exposition, commandées par la ville, relevaient d’une logique publique. 

Pour la ville, l’œuvre n’avait pas sa place dans l’exposition. « Personne n’aime censurer l’art mais le fait est que les contribuables ont payé pour que l’art apporte l’unité et un esprit positif  au Memorial Day et ce qu’ils ont obtenu avec cette œuvre était la division et la controverse », a déclaré le maire-adjoint Robert Rosenwald dans un communiqué. 

De leur côté, l’Union américaine pour les libertés civiles – une association qui défend les droits et les libertés individuelles – l’artiste R.R. Jackson, et les 3 organisateurs de l’exposition (Octavia Yearwood, Jared McGriff et Naiomy Guerrero) parlent d’une « censure artistique et politique ».

Thématiques

Tous les articles dans Actualités

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque