Mercredi 19 février 2020

Une « surprise » de Fabergé retrouvée dans les collections royales britanniques

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 28 octobre 2015 - 514 mots

LONDRES (ROYAUME-UNI) [28.10.15] – Acquis par le roi George V en 1935, une petit automate en forme d’éléphant s’est finalement révélé avoir été créé par Fabergé et être la « surprise » d’un des œufs de la série pascale impériale, l’œuf au treillis de diamants (1892).

La « surprise » contenue à l’intérieur d’un des œufs de la série Impériale de Carl Fabergé, que l’on a longtemps crue perdue, a été découverte par hasard par des chercheurs préparant le nouveau catalogue de la Collection Royale britannique, rapporte Artnet News. Personne ne se doutait que ce petit automate en forme d’éléphant, orné de diamants et de rubis et acquis par le roi George V en 1935, avait un pedigree impérial. La conservatrice en chef de la Collection Royale, Caroline de Guitaut, en a fait l’annonce au public lors d’une conférence scientifique au Musée Fabergé de Saint-Pétersbourg.

L’œuf au treillis de diamants, huitième œuf de la série pascale Impériale, a été commandé par Alexandre III en cadeau à son épouse, l’impératrice Maria Fedorovna, pour la fête de Pâques 1892. La coquille de l’œuf a été découpée dans une pierre translucide de couleur vert incrustée d’un treillis de diamants. À l’origine, l’œuf avait un socle en argent ou en or orné de trois chérubins, qui symbolisaient les trois fils du couple impérial, Nikolaï, Mikhaïl et Gueorgui.

Après la Révolution russe de 1917, les œufs de Fabergé créés pour la famille impériale depuis 1885 furent confisqués par le gouvernement soviétique puis vendus à l’étranger quelques années plus tard. L’œuf au treillis de diamants est aujourd’hui en possession de la famille MacFerrin, qui possède une des plus grandes collections privées d'authentiques objets Fabergé aux Etats-Unis, mais la figurine-surprise fut perdue.

Les livres de comptes de Fabergé donnent une description précise de la surprise : « une figure d’éléphant en ivoire, mécanique, avec une petite tour en or, en partie émaillée et décorée de diamants taillés en rose », et « un cornac noir assis sur sa tête ». C’est grâce à cette description que la conservatrice a pu rapprocher l’éléphant présent dans les collections britannique de la surprise disparue.

L’équipe de restaurateurs, menée par l’horloger du Royal Collection trust, est ensuite entrée en action, et a démonté la figurine. « Un fragment de la tourelle de l’éléphant était manquant », a raconté Caroline de Guitaut lors de sa conférence. « Manifestement, il était simplement tombé à cause de l’usure du métal. Mais nous avons eu ainsi la possibilité de regarder l’intérieur de la figurine. Lorsque nous avons retiré la partie supérieure de la tourelle, mon cœur a failli s’arrêter : il y avait le poinçon de Fabergé ! C’est ainsi que nous avons eu la preuve de l’authenticité de notre découverte ».

Malgré son âge, l'automate, aujourd'hui restauré, fonctionne encore parfaitement, comme le montre une vidéo réalisée par le Royal Collection Trust. La figurine est remontée avec une clé grâce à un trou caché sous la croix de diamant sur un côté de l'éléphant, il marche sur des roues à cliquet et soulève la tête de haut en bas.

Légende photo

Pierre-Karl Fabergé, L'éléphant automate de l'Oeuf au treillis de diamants (1892) Photo : Royal Collection Trust/© Her Majesty Queen Elizabeth II 2015.

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