Une pétition adressée à l’ONU contre le Musée de la Tolérance

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 12 février 2010

GENEVE [12.02.10] – Un groupe de militants d’organisations de défense des droits de l’homme et de membres d’anciennes familles arabes de Jérusalem a demandé aux Nations Unies, mercredi 10 février, l’arrêt définitif de la construction du Musée de la Tolérance sur le terrain d’un ancien cimetière musulman.

Quelques soixante Palestiniens ont signé une pétition déposée au siège des Nations Unies à Genève demandant à ses responsables « d’agir rapidement pour demander au gouvernement israélien d’arrêter la construction du musée » selon l'AFP.

Selon le Guardian, la pétition décrit le projet comme une violation du droit international des droits de l’homme et demande « la remise en terre de tous les restes exhumés ainsi que la protection du site ».

Le projet financé par le centre Simon Wiesenthal de Los Angeles a fait l’objet de nombreuses controverses depuis son lancement en 2004. Il doit être édifié à Jérusalem ouest sur le terrain du vieux cimetière musulman Ma‘man Allah communément appelé Mamilla qui abrite les tombes de centaines de Palestiniens et de saints soufi datant parfois de plus de cent ans.

Après avoir ordonné dans un premier temps la suspension des travaux, la Cour suprême d’Israël a statué, en janvier 2009, pour la poursuite de la construction du musée. Les promoteurs ainsi que le fondateur du centre, Rabbi Marvin Hier, avaient fait valoir que la majeure partie du site servait de parking.

La pétition contient des cartes, des photographies ainsi que de nombreux documents prouvant que le musée sera érigé sur le site du cimetière comme le parking. Elle rappelle aussi que des protestations ont eu lieu lors de la construction de ce dernier en 1960, mais qu’elles n’ont pas été prises en compte, les Palestiniens dépendant alors du droit militaire qui restreignait leurs droits civils.

Pour le fondateur du centre Simon Wiesenthal, le musée est un « site fantastique » qui constitue pour « Jérusalem et le peuple d’Israël un projet d’une importance crucial pour son avenir ».

L’affaire fait grand bruit en Israël. « Beaucoup de voix israéliennes se sont élevées contre ce projet même parmi la droite dure » a fait valoir Yael Lerer à Genève, une responsable d’édition qui s’est lancé dans la défense du site.

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