Samedi 16 février 2019

Une oeuvre de Richard Serra menacée au Canada

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 2 décembre 2009 - 369 mots

KING TOWNSHIP (CANADA) [02.12.09] – « Shift » de Richard Serra, datant de 1972, est menacé par un projet immobilier. L’œuvre, un mur de béton s’étendant sur 5 hectares de terrain, doit faire l’objet d’un vote municipal pour garantir sa pérennité.

Le conseil municipal de King Township, une ville à 50 km de Toronto, doit décider si une œuvre de Richard Serra doit être inscrite sur les listes de l’ « Ontario Heritage Act . » Depuis 5 ans, des discussions sont en effet en cours avec un promoteur immobilier, Hickory Hills Investments, propriétaire du terrain.

L’œuvre consiste en un mur de béton, zigzaguant sur plus de 5 hectares de terrain. Commandée par un collectionneur canadien en 1970, « Shift » est une œuvre pivot de Richard Serra, comme il le reconnaît dans le Toronto Star : « Vous pouvez trouver plusieurs pièces qui viennent après Shift . […] Elles ont des liens directs qui les ramènent à cette pièce en particulier . »

Le terrain a été vendu dans les années 1980 à Hickory Hills, qui n’a engagé aucun travaux sur le terrain, l’œuvre étant laissée en l’état. Les choses changent en 2008, avec un projet immobilier lancé par le promoteur, prévoyant de morceler le terrain sur lequel « Shift », est construit en 75 lots. Des barrières sont alors érigées, au grand dam du comité de défense du patrimoine de la ville, qui demande l’inscription immédiate du mur sur les listes de l’ « Heritage Act » de la province de l’Ontario.
La municipalité a souhaité trouver un accord avec le promoteur avant d’engager l’inscription.

Selon le Globe and Mail, Hickory Hills a suggéré un accord à la municipalité, promettant de « ne pas endommager, altérer ou détruire » l’œuvre uniquement pendant la durée des travaux. Le promoteur ne protègera pas le monument contre le vandalisme, le temps et les intempéries, et ne construira pas de panneaux signalant son existence. L’ouverture au public sera laissée au bon vouloir des futurs propriétaires des terrains.

Les membres du comité de défense font valoir qu’un « paysage culturel » ne se définit pas en termes de propriété, publique ou privée ou par son accessibilité. Un monument inscrit peut être complètement privé, mais l’inscription garantie sa pérennité.

Le conseil municipal de King Township doit maintenant rendre sa décision concernant l’inscription.

Le Journal des Arts.fr

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