Une nouvelle étude souligne le poids des industries culturelles en Europe

Par Nathalie Eggs · lejournaldesarts.fr

Le 4 décembre 2014 - 853 mots

BRUXELLES [04.12.14] – Une étude réalisée par EY montre que les Industries Culturelles et Créatives (ICC) sont un des principaux employeurs européen avec plus de 7 millions d’emplois et un chiffre d’affaires de 535,9 milliards d’euros. Parmi 11 secteurs étudiés, ce sont les arts graphiques et plastiques qui dominent les ICC avec un chiffre d’affaires de 127,6 milliards d’euros en 2012.

Commandée par le GESAC (Groupement européen des sociétés d’auteurs et de compositeurs), l’étude réalisée par le cabinet d’audit EY, anciennement Ernst & Young (1), intitulé « Les secteurs culturels et créatifs européens, générateurs de croissance » souligne la contribution des industries culturelles et créatives (ICC) à l’économie européenne. Avec un revenu annuel de 535,9 milliards d’euros et 7,1 millions d’emplois, les ICC contribueraient au PIB européen à hauteur de 4,2 %.

Un secteur dynamique et à forte croissance, même en période de crise
Plus gros employeur après le secteur de la construction (15 348 000 emplois), les ICC ont 7 060 000 emplois en 2012, presque autant que l’hôtellerie restauration (7 274 00), et représentait 2,5 fois plus d’emplois que l’industrie automobile (source Eurostat). A lui seul le secteur des arts visuels emploie davantage que le secteur des télécommunications. 7 millions d’Européens seraient ainsi directement ou indirectement employés dans des activités créatives ou culturelles, soit 3,3 % de la population européenne active. Les secteurs des spectacles vivants et des arts plastiques et graphiques se placent sensiblement à la même position en générant chacun 1,2 million d’emplois, suivi du secteur de la musique (1,1 million d’emplois) et la publicité (800 000 d’emplois).

L’étude souligne la résistance de l’économie créative pendant la crise économique : la création d’emplois dans les ICC a augmenté de 3,5 % par an entre 2000 et 2007 (l’économie générale connaissait une croissance de 1 % seulement), et a continué à augmenter de 0,7 % annuellement entre 2008 et 2012, alors même que le nombre d’emplois dans le reste de l’économie connaissait une baisse de 0,7 %.

D’après les données d’EY, les trois secteurs d’activités les plus importants en termes de chiffre d’affaires en 2012 étaient les arts plastiques et graphiques (127,6 milliards d’euros), la publicité (93 milliards) et la télévision (90 milliards). Ces trois secteurs représenteraient plus de la moitié des revenus des ICC.

Les arts plastiques et graphiques, poids lourd des ICC
Employant 1 231 500 personnes (chiffres de 2011) et générant un chiffre d’affaire de 127 milliards d’euros, les arts plastiques et graphiques représentent près d’un quart de l’économie créative. L’étude souligne notamment la part de marché de l’Europe dans le marché de l’art : avec 15,6 milliards de revenus générés par la vente d’art, l’Europe concentrerait 34 % du marché mondial (source TEFAF). Ces ventes auraient sextuplé entre 1991 et 2007, puis se seraient rapidement remises de la crise avec une croissance de 5 % observée en 2011. D’après l’étude, le marché de l’art a créé 329 940 emplois en 2011 (le rapport TEFAF en comptait 400 000 au titre de l’année 2013).

Par ailleurs, le secteur de la création des arts plastiques et graphiques génèrerait 793 288 emplois, répartis entre la photographie, le design et l’artisanat. Le secteur des musées et du patrimoine emploierait 108 176 personnes. Si ce secteur représente une part faible du secteur des arts plastiques et graphique, il joue un rôle non négligeable dans la diffusion et l’accès du public à l’art : 7 des 10 musées les plus visités au monde se trouvent en Europe, le Louvre au premier rang avec près de 10 millions de visiteurs en 2012.

Méthodologie « inductive »
L’objectif de l’étude est de donner un aperçu du rôle économique des Industries Culturelles et Créatives (ICC) en démontrant qu’elles peuvent avoir un rôle croissant dans l’économie européenne et s’attache à montrer la contribution de l’économie créative aux autres industries. A cette fin, onze secteurs ont été analysés : livre, presse, musique, spectacle vivant, arts plastiques et graphiques, télévision, cinéma, radio, jeux vidéo, architecture, et publicité. Parce qu’il n’existait pas de statistiques fiables qui regroupaient les données, EY a adopté une approche « inductive », recourant notamment à des interviews avec des organisations clés, le secteur des publications, des outils statistiques ad hoc, et aux données Eurostat comme source complémentaire. La définition choisie pour les secteurs des ICC est celle de l’UNESCO, soit « des activités, biens et services qui représentent ou traduisent des expressions culturelles, indépendamment de la valeur commerciale qu’elles ont ». L’étude se base sur les revenus générés directement par l’industrie culturelle elle-même (elle exclut les impacts indirects sur les activités économiques tel que le tourisme) et analyse les marchés des consommateurs finaux.

Au moyen d’une méthodologie différente, TERA Consultants avait pointé la perte de 400 000 emplois dans les industries créatives en Europe : malgré une valeur ajoutée représentant environ 860 milliards d’euros (soit 6,8  % du PIB européen) et 14 millions de personnes employées (soit 6,5  % du total des emplois en Europe), l’étude soulignait une évolution négative des emplois avec une perte de 400 000 emplois équivalents sur la période 2008-2011.

Note

(1) Le cabinet de conseil américain Ernst & Young a changé de nom et s’est rebaptisé EY en juillet 2013

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Logo du cabinet de conseil EY - source www.ey.com

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