Une loi anglaise pour la restitution des œuvres spoliées par les nazis

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 18 novembre 2009

LONDRES (ROYAUME-UNI) [18.11.09] – L’Holocaust (Stolen Art) Restitution Act vient de recevoir l’assentiment de la reine Elizabeth II. Ce texte de loi permet dorénavant aux musées et institutions anglaises de rendre des œuvres d’art spoliées par les nazis et présentes dans les collections britanniques.

Un loi sur la restitution des œuvres spoliées par les nazis a été votée le 13 novembre au Parlement anglais et a reçu l’assentiment de la reine d’Angleterre. L’Holocaust (Stolen Art) Restitution Art concerne les œuvres d’art présentes dans les collections publiques anglaises et volées par les nazis entre 1933 et 1945.

Selon BBC News, les musées et galeries anglaises pourront dorénavant restituer des œuvres aux héritiers légitimes des victimes de ces spoliations, en suivant les recommandations du Spoliation Advisory Panel, crée en 2001.

Auparavant, les musées n’avaient pas la possibilité légale de rendre des œuvres d’art. La commission sur les spoliations donnait des avis sur certaines œuvres d’art et recommandait parfois une restitution, mais seuls les musées d’Irlande du Nord et du Pays de Galles pouvaient s’y conformer. Les autres musées ont parfois opté pour une compensation financière : ainsi en 2001 la Tate Gallery a dédommagé les anciens propriétaires d’un tableau de Jan Griffier à hauteur de 125 000 livres (141 000 euros).
Les héritiers pourront décider de recevoir une compensation ou de se faire restituer les œuvres spoliées.

L’instigateur de cette loi, le parlementaire travailliste Andrew Dismore, reconnaît que la loi ne sera pas souvent sollicitée, puisque pour l’instant, seule une vingtaine d’œuvres est concernée dans les collections publiques. Mais selon ses propos rapportés dans le quotidien anglais The Jewish Chronicle, « c’est une étape morale importante pour s’assurer que nous pouvons clore un des chapitres des crimes épouvantables commis par les nazis » .

Un des joyaux de la National Gallery de Londres pourrait un jour bénéficier de cette nouvelle loi : « Cupidon se plaignant à Vénus » (1925), acheté par le musée en 1963, aurait fait partie de la collection particulière d’Adolf Hitler, mais son propriétaire précédent demeure inconnu.

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