Un musée berlinois récupère une tablette assyrienne pillée pendant la Seconde Guerre mondiale

Par Kate Deimling (Correspondante à New York) · lejournaldesarts.fr

Le 19 novembre 2013 - 425 mots

NEW YORK (ETATS-UNIS) [19.11.13] - Les descendants d’un survivant des camps devront restituer une tablette assyrienne, que leur aïeul avait troqué contre des cigarettes avec un soldat russe qui l’avait pillé dans un musée.

La cour d’appel de l’Etat de New York a décidé jeudi que la famille de Riven Flamenbaum doit restituer une tablette assyrienne qui date du XIIIe siècle av. J-C. Selon l’AP, on raconte dans la famille que Riven Flamenbaum avait obtenu la tablette d’un soldat russe en échange de cigarettes.

La succession Flamenbaum a affirmé que le gouvernement russe avait obtenu le titre de propriété de la tablette en tant que « butin de guerre » lors de l’invasion de l’Allemagne et que Riven Flamenbaum l’avait donc acquis de façon légitime. Mais dans une communication du tribunal, les juges ont déclaré à l’unanimité que « La théorie de la succession repose entièrement sur la conjecture, comme le dossier ne contient aucune preuve que la gouvernement russe a possédé la tablette. Même si une telle preuve existait, nous refusons d’adopter une doctrine qui établirait un titre de propriété fondé sur le pillage et le retrait d’objets culturels en temps de guerre par une force militaire victorieuse. »

La tablette en or, qui ne mesure que 4,4 centimètres de long, a été extraite du sol du Temple d’Ishtar, en Irak actuel, avant d’arriver en 1926 au musée de Berlin (aujourd’hui le Vorderasiatisches Museum, qui fait partie du Pergamonmuseum). Après la guerre, la tablette n’a pu être retrouvée. Riven Flamenbaum, un juif polonais, qui a été interné à Auschwitz, a immigré aux Etats-Unis après la guerre. Après sa mort en 2003, sa fille, Hannah Flamenbaum, en tant qu’exécutrice testamentaire, a établi le compte des biens de la succession, dans lequel figurait la tablette. Mais le frère d’Hannah, Israel Flamenbaum, a contacté le Vorderasiatisches Museum parce qu’il croyait que la tablette appartenait au musée.

La cour d’appel de l’Etat de New York a rejeté également le raisonnement de la succession Flamenbaum selon lequel le musée avait attendu trop longtemps avant de demander la restitution de la tablette. Selon Raymond Dowd, avocat du Vorderasiatisches Museum, c’est un aspect important de l’affaire : « Le tribunal a refusé d’imposer un devoir de diligence raisonnable aux musées. Si un musée perd quelque chose, il n’est pas important de savoir si la personne qui dirige le musée a été assidue ce jour-là, s’il y avait quatre gardes de sécurité ou si le système d’alarme fonctionnait. Si quelqu’un peut prouver que l’objet a été volé, il faut le restituer. » 

Légende photo

La tablette assyrienne en or - © Photo Steven Schlesinger (avocat de la famille Riven Flamenbaum)

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque