Dimanche 12 juillet 2020

Un membre du gouvernement belge remet en cause le Musée Fin de Siècle

Par Christine Coste · lejournaldesarts.fr

Le 12 décembre 2014 - 574 mots

BRUXELLES (BELGIQUE) [12.12.14] - La note de politique générale du 8 décembre 2014 de la secrétaire d’Etat en charge de la Politique scientifique, Elke Sleurs du parti de l’Alliance néo-flamande (N-VA), demandant le retour du Musée d’art moderne à son emplacement d’origine agite les milieux bruxellois. Une attaque dirigée également contre son directeur Michel Draguet.

En octobre dernier, l’annonce par le gouvernement fédéral belge de coupes budgétaires drastiques dans tous les postes du budget 2015 avait soulevé un vent de protestation de l’ensemble des structures culturelles sous sa responsabilité, amputées de 35 % de leur dotation fédérale. Du Théâtre de la Monnaie aux Musées royaux des beaux-arts de Bruxelles, chacun s’est exprimé sur leurs conséquences. Mais personne n’aurait imaginé qu’un mois plus tard la secrétaire d’Etat à la Politique scientifique, Elke Sleurs du parti de l’Alliance néo-flamande (N-VA) remettrait en cause un projet qui a déjà fait couler beaucoup d’encre : la création du Musée Fin de siècle et le déplacement des collections du Musée d’art moderne.

Le 8 décembre 2014 la note de politique générale pour la Chambre des représentants de secrétaire d’Etat à la Lutte contre la pauvreté, à l’Egalité des chances, aux Personnes handicapées, à la Lutte contre la fraude fiscale et à la Politique scientifique, Elke Sleurs du parti de l’Alliance néo-flamande (N-VA), a fait l’effet d’une bombe. Après avoir souligné que « la rénovation et l’entretien des infrastructures de valeur existantes ont priorité sur les nouvelles initiatives », elle suggère le retour du Musée d’art moderne au sein des Musées royaux des beaux-arts à la place du Musée Fin de Siècle inauguré le 6 décembre 2013. Une remise en cause de la politique de redéploiement des collections entamée par Michel Draguet, directeur du Musée des beaux-arts.

Certains parlent même de « déclaration de guerre à son encontre » et plus largement envers la région Bruxelles-Capitale favorable à l’emménagement du Musée d’art moderne dans les anciens magasins Vanderborght que la Ville a acquis pour le compte de l’Etat fédéral. Près 750 000 euros ont été dépensés dans des études préalables pour son implantation à deux pas de la Grand-Place, à ajouter aux 7 millions d’euros provisionnés pour les travaux en vue d’une ouverture programmée en 2017-2018.

« Le problème d’un musée d’art moderne, contemporain et actuel est connu de tous. Le musée existant a été fermé et vidée de son contenu en 2011. Cette décision était injustifiée : les artistes ont soudainement perdu une scène importante et le public, une collection appréciée », déclare Elke Sleurs. « Plusieurs pistes sont aujourd’hui envisagées et avancées dans les médias : mais pour moi, celles d’autres bâtiments, considérés comme des enveloppes plus importantes que les collections qu’ils sont censés abriter, ne sont pas une priorité. Elles ne reposent pas sur une recherche préparatoire fondée de l’investissement initial et des coûts d’exploitations ultérieurs. C’est pourquoi on examine de quelle façon la collection d’art moderne des Musées royaux des beaux-arts de Belgique pourrait de nouveau être intégrée dans ses bâtiments. »

Michel Draguet a sollicité un rendez-vous auprès de la secrétaire d’État qu’il n’a jamais rencontrée depuis sa nomination. D’ores et déjà Roland Gillion, qui a cédé sa collection Art Nouveau à la région bruxelloise pour le Musée Fin de Siècle, financé à hauteur d’un million d’euros l’aménagement les salles de ce musée et prêté des tableaux au Musée Magritte, a rappelé la convention qu’il a signé en 2006 avec la région bruxelloise et l’Etat fédéral.

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Elke Sleurs, secrétaire d’Etat belge en charge de la Politique scientifique - © Photo Peter Dedecker - 2011 - Licence CC BY-SA 2.0

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