Samedi 15 décembre 2018

TV / Radio : La sélection du JdA - 9 décembre 2016

Par Sarah Belmont · lejournaldesarts.fr

Le 9 décembre 2016 - 551 mots

PARIS [09.12.16] – Ce week-end la télé sort les poings. Sur France 5, Mitterrand se bat pour les artistes et Delacroix lutte contre l'angoisse de la paroi blanche. La chaîne Histoire, elle, raconte le courage de Dorothea Lange, témoin de la Grande Dépression américaine.

Samedi 10 décembre, à 21h30, sur Histoire, Dyanna Taylor brosse le portrait de sa grand-mère, Dorothea Lange. Les premières images montrent cette dernière, plongée dans les préparatifs de la rétrospective que lui dédie le MoMA en 1966. Décédée trois mois avant, la photographe n'assistera pas à l'événement. Hormis l'enregistrement de ces réunions de travail, diffusé par bribes tout au long du documentaire, l'ensemble ressemble à un book commenté. Les clichés se succèdent tantôt sur fond noir, tantôt en plein écran. Chacun illustre les grandes étapes de la carrière de Lange, portraitiste convertie au photojournalisme. Quoique complet, ce panorama manque parfois de recul, comme si l'amour filial engendrait la myopie. Certains détails personnels, trop lourdement accentués, auraient pu être mis en perspective, comme ceux relatifs à sa maladie. Le premier quart d'heure souligne son envie de fonder une famille avec Menhard Dixon. Puis vient Paul Taylor, son véritable pygmalion. Mon grand-père, ce héros ! On ne peut reprocher à la réalisatrice cette approche romantique. C'est ce qui rend son propos, appuyé par les paroles d'experts sur le Dust Bowl et la Grande Dépression, d'autant plus vivant.

« La peinture me harcèle, elle me tourmente de mille manières comme la plus exigeante des maîtresses ». Cette phrase, extraite du Journal d'Eugène Delacroix, ouvre le documentaire que lui consacre La Galerie de France 5, dimanche 11 décembre, à 9h25. Suit une série de parallèles convaincants. La Lutte de Jacob avec l'Ange et Michel terrassant le dragon, deux des trois peintures murales conçues en 1849 pour la Chapelle des Saints-Anges de l'Église Saint-Sulpice, seraient une métaphore de l'artiste athée combattant le doute, la concurrence d'Ingres, et les caprices de la matière. Les peintures viennent d'être restaurées grâce à des techniques que le film de Laurence Thiriat a le mérite d'expliciter. Delacroix allait jusqu'à scarifier la peinture, avant de la recouvrir d'une couche, puis d'une autre... Pour mettre fin à ce supplice, celui de Saint-Sulpice, le peintre s'installa place Furstenberg, dans un immeuble où vécurent également Bazille & co.

À 22h35, le même jour, France 5 répond à la question que l'on se posait la semaine dernière : la suite du documentaire « Entre deux mai 1968-1981 : Les artistes et la politique » fait la part belle aux peintres et plasticiens, à commencer par Daniel Buren. La période couverte (1981-1988) coïncide avec le premier septennat de François Mitterrand, comparé à un empereur romain et à un roi Soleil entouré exclusivement d'artistes. Rénovation du Louvre, création des Journées du Patrimoine... Les premières années de ce « règne présidentiel » se traduisent par une véritable « ruée vers l'art », que certains témoignages décrivent avec une pointe de nostalgie. Légère incohérence : le titre « Des artistes au pouvoir » laisse espérer plus d'explications quant à l'influence directe des artistes sur le pouvoir, mais c'est surtout l'apologie de Jack Lang, « le créateur des créateurs » - à qui la parole est fréquemment donnée -, et de François Mitterrand, le « créateur du créateur des créateurs », qui retentit durant une petite heure.

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Postes de radio et de télévision vintage - Source Photo Pexels - 2015 - Licence CC0

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