Vendredi 23 février 2018

Tension entre le Musée d’art contemporain de Los Angeles et son principal mécène

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 3 septembre 2012

LOS ANGELES (ETATS-UNIS) [03.09.12] - Les divergences d’opinions concernant la programmation du Museum of Contemporary Art se répercutent sur le financement de l’institution. Peu convaincu par la politique actuelle du MOCA, Eli Broad menace de suspendre ses versements.

Depuis la proposition faite en 2008 par Eli Broad de venir en aide au Museum of Contemporary Arts (MOCA) de Los Angeles avec la promesse d’une donation annuelle de 3 millions de dollars, les rapports entre le donateur et l’institution semblent être devenus conflictuels. Les retards répétés des versements promis par Eli Broad assombrissent les relations entre le musée et son principal mécène. L’emploi des sommes versées semble être la cause de ces paiements tardifs.

Début août, la porte parole de la Broad Foundation, Karen Denne, avait annoncé que le paiement annuel avait dû être différé car 2,1 millions de dollars précédemment versés au MOCA n’avaient pas encore été dépensés. « Le but de cette subvention était de permettre au MOCA de continuer ses excellentes expositions afin qu’il puisse se remettre sur pied financièrement. Monsieur Broad veut s’assurer que ces fonds sont utilisés expressément à cette fin » avait déclaré Karen Denne.

La porte parole aurait également fait mention d’une clause obligeant le MOCA à présenter un minimum de trois expositions durant chaque année « d’une qualité fidèle ou supérieure à ce que le MOCA présente depuis sa création ». Karen Denne aurait laissé entendre que le retard des versements était également dû au fait qu’Eli Broad considérait que le MOCA ne réussissait pas à honorer cet engagement.

Il semble pourtant que dans l’accord passé en 2008 entre Eli Broad et le MOCA, il n’est fait mention nulle part d’une clause obligeant le musée à dépenser immédiatement les fonds envoyés par la Broad Foundation. Le Museum of Contemporary Art aurait donc théoriquement le droit d’épargner cet argent afin de l’utiliser plus tard, et de ne pas multiplier imprudemment des expositions dont la qualité pourrait être moindre. C’est du moins ce que prétend Charles Young, ancien directeur général du MOCA : « Si vous lisez l’accord, ils [la Broad Foundation] n’ont pas le droit de suspendre les paiements quelles que soient les raisons (…) S’il y a un désaccord, les deux partis doivent le résoudre, mais les paiements doivent être faits. »
Young ajoute que ce dernier retard n’est pas une exception et qu’il lui a déjà fallu réclamer plusieurs fois les versements prévus « Ils étaient parfois en retard, mais ils accédaient toujours à nos demandes de paiement dans des délais raisonnables » a-t-il ajouté.

Depuis la nomination de Jeffrey Deitch à la direction du musée, plusieurs artistes attachés au MOCA ont pris leurs distances avec l’institution, considérant que les événements organisés n’égalaient pas les précédentes expositions.
Jeffrey Deitch s’est défendu de ces accusations en arguant le fait que ses expositions – dont les thèmes soulignent les liens entre l’art et la pop culture – étaient rigoureuses, mais essuyaient les critiques car elles sont novatrices.

La Broad Foundation a récemment versé le 1,5 million de dollars.

Légende photo

La Fondation Broad - © Photo Alossix - 2008 - Licence CC BY 3.0

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