Mercredi 14 novembre 2018

Shaun Greenhalgh : un faussaire qui avait du génie

lejournaldesarts.fr

Le 6 janvier 2008 - 249 mots

CHICAGO [20.12.2007] – L’affaire des faux Gauguin fait grand bruit depuis l’annonce, mercredi 12 décembre, par l’Art Institute de Chicago de la présence dans ses collections d’une contrefaçon en céramique du maître de Pont-Aven. Le faussaire, Shaun Greenhalgh, citoyen britannique de 47 ans, ne s’y est pas trompé en inventant un faux moderne à partir des connaissances lacunaires sur l’œuvre sculptée de Gauguin qui expérimente, vers 1886, les possibilités de la céramique. Il procède comme le célèbre faussaire Van Meegeren qui a produit des faux Vermeer à l’iconographie religieuse, alors inconnue des spécialistes. Les conservateurs et experts qui ont reconnu un authentique dans Le Faune du musée du Chicago fait, en réalité, partie d’une série de plus de 120 contrefaçons réalisées entre 1989 et 2006. D’autres musées, comme le Britsh Museum ont également été bernés par le faussaire, condamné en 2007 par le tribunal de Manchester. Greenhalgh qui est passé aux aveux, agissait avec la complicité de ses parents, âgés de 83 et 84 ans. Ces derniers, également condamnés à une peine d’un an prison avec sursis, proposaient les œuvres de leur fils aux musées et aux maisons de ventes avec de faux pedigree. C’est ainsi que Le Faune, authentifié par le Wildenstein Institute, passera entre les mailles des experts de Sotheby’s qui adjugeront le pseudo Gauguin 33.000 dollars au marchand d’art Libby Howie, en 1994. Il est ensuite acheté en 1997 par l’Art Institute de Chicago pour environ 125.000 dollars, d’après l’enquête du Art Newspaper.

 
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