Mercredi 12 décembre 2018

Série de vols et vandalismes durant le week-end pascal

Par Sarah Barry · lejournaldesarts.fr

Le 3 avril 2013 - 596 mots

PARIS [03.04.13] – Exposé au Muséum d’histoire naturelle, le squelette d’une éléphante ayant appartenu à Louis XIV a été amputée d’une de ses défenses, découpée à la tronçonneuse par un intrus, dans la nuit du 29 au 30 mars 2013. Il y a également eu un cambriolage au Musée étrusque de Rome et le vol d’un doigt d’une statue à Florence.

Si la période de Pâques est synonyme de grande affluence pour les institutions culturelles, elle a cette année donné lieu à divers délits à Paris et en Italie.

Vers 3 heures, dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 mars 2013, un jeune homme de 20 ans s’est introduit dans le Muséum d’histoire naturelle de Paris, armé d’une tronçonneuse. Dans la galerie d’anatomie comparée, il a sectionné la défense gauche d’une éléphante qui avait été offerte à Louis XIV en 1668 par Alphonse VI, roi du Portugal. Il s’est enfui par la fenêtre qu’il avait brisée, tandis que l’alarme retentissait dans les lieux et que la tronçonneuse, laissée sur place, fonctionnait encore. Blessé au pied, l’homme a rapidement été interpellé, ainsi que deux complices, respectivement âgés de 16 et 20 ans, qui l’attendaient à l’extérieur du bâtiment, comme le rapporte l’AFP.

Les trois jeunes gens, originaires de Seine-Saint-Denis, ont été déférés mardi 2 avril 2013 devant le parquet de Paris. Les juges d’instruction qui vont être nommés devront faire la lumière sur le mobile de ce vol peu commun : du simple pari au trafic d’ivoire, toutes les hypothèses seront explorées. En attendant, le parquet a demandé un placement en détention provisoire pour les deux prévenus majeurs. Les trois complices pourraient être inculpés pour « vol sur un bien culturel en réunion avec dégradation et effraction », un délit passible d’une peine de 10 ans d’emprisonnement.

Quant à la défense en ivoire, selon Jacques Cuisin, chargé de la coordination des ateliers de préparation et restauration du Muséum, elle devrait pouvoir être remise en place sans difficultés : « Le crâne est en excellent état, ce qui va permettre une restauration assez facile », a-t-il déclaré à l’AFP. Ayant exprimé ses regrets devant « la dégradation de ce spécimen de grande valeur historique et scientifique », le ministère de la Recherche a proposé son aide à l’institution parisienne dans le cadre de la restauration du squelette de l’animal, qui a vécu jusqu’en 1681 à la ménagerie de Versailles.

L’Italie a également connu deux épisodes fâcheux. Dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mars 2013, deux ou trois voleurs se sont introduits dans le Musée national étrusque de Rome, en lançant des gaz fumigènes. Ce procédé, destiné à faire diversion, a aveuglé les caméras de surveillance et empêché les gardiens d’intervenir. Les cambrioleurs ont pu s’enfuir en emportant quelques bijoux du XIXe siècle, considérés comme peu importants par rapport aux trésors antiques exposés dans la villa Giulia.

Le soir du 28 mars à Florence, c’est une touriste d’origine polonaise, âgée d’une trentaine d’années, qui a été interpellée après avoir détaché un doigt de l’ensemble sculpté par Pio Fedi, L’Enlèvement de Polyxène, comme le rapporte la Repubblica. Exposée à la Loggia dei Lanzi sur la Piazza della Signoria, cette sculpture a déjà été victime d’actes similaires, le dernier en octobre 2012 ; tous les doigts sont d’ailleurs des ajouts de restauration. Alberto Casciani, le restaurateur qui était intervenu lors de la précédente déprédation de l’œuvre, a déjà pu la réparer. Les autorités envisagent de mettre en place des mesures plus strictes visant à la surveillance des monuments, notamment durant les périodes de tourisme de masse.

Légende photo

Pio Fedi (1816-1892) - L’enlèvement de Polyxène (1855-1865) © Photo Jastrow - 2005 - Licence CC BY 2.5

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