Premier bilan du Louvre-Lens : 900 000 visiteurs en un an

Par Julien Rocha · lejournaldesarts.fr

Le 2 décembre 2013 - 608 mots

LENS (PAS-DE-CALAIS) [02.12.13] – Le premier anniversaire du Louvre-Lens est l’occasion de fêter un succès : avec 900 000 visiteurs et de nouveaux emplois créés dans la région lensoise, le musée serait en passe de remplir ses promesses.

Le 4 décembre 2013, le Louvre-Lens fêtera sa première année. A l’heure du bilan, il affiche déjà 900 000 visiteurs au compteur : c’est 200 000 visiteurs de plus que les prévisions les plus optimistes. Xavier Dectot, directeur du musée, parle d’une « vraie appropriation par le public local et eurorégional ». En effet, 56 % des visiteurs sont originaires de la région Nord Pas-de-Calais : 100 000 d’entre eux viennent du bassin minier et 100 000 autres de la Belgique voisine. En mars 2013, 300 000 personnes avaient déjà visité le musée. La gratuité de la Galerie du Temps, qui sera reconduite jusqu’à fin 2014, « a eu très certainement un impact » admet Xavier Dectot. Ce serait aussi oublier la qualité des expositions temporaires « Renaissance » et « L’Europe de Rubens ».

Le musée a attiré 20 % de visiteurs étrangers, de 70 nationalités différentes. En début d’année 2013, le New York Times avait classé le Louvre-Lens 26e dans la liste des 46 lieux à découvrir. Après les Belges, les Néerlandais, les Anglais, les Allemands mais aussi les Japonais, qui associent souvent leur visite avec celle du Louvre parisien qui se trouve à seulement 1h10 de TGV, font partie du « top five » des étrangers attirés par le musée. L’office du tourisme Lens-Liévin, habitué à recevoir 35 groupes par an, reconnaît avoir reçu en moyenne 35 groupes par mois depuis l’ouverture du musée.

Côté activités induites, le premier bilan est encourageant : 26 % des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration estiment que leur fréquentation a augmenté, et le chiffre d’affaire des restaurateurs de l’agglomération lensoise a augmenté de 20 à 25 % en moyenne en un an. L’installation du musée sur un ancien carreau de mine, qui a permis la création de 200 emplois en son sein, a également provoqué la création de 200 emplois supplémentaires dans la restauration et l’hôtellerie, tout comme la naissance de nouveaux établissements qui vivent au rythme du musée.

La ville a reçu en juin 2013 le Grand Prix National des Villes, et la conception architecturale du Louvre-Lens a été récompensée par l’Equerre d’argent 2013 en novembre. Mais la diminution du chômage et une augmentation importante du flux touristique dans l’agglomération lensoise ne peuvent se faire que sur le long terme. Des efforts sont notamment nécessaires pour augmenter le parc hôtelier, encore trop restreint (250 chambres entre Lens et Liévin). « Lens ne s'éveille au tourisme que depuis un an. Aujourd'hui, on est essentiellement sur de l'excursionnisme », reconnaît Marlène Virey, chargée de promotion à l'office de tourisme.

Passé l’attrait de la nouveauté, la vitesse de croisière désormais visée par le musée est de 500 000 visiteurs par an. L’accroissement du public britannique fait partie des objectifs : le musée mise sur les matchs de football de l’Euro 2016 au stade lensois Bollaert-Delelis pour doper les visites, mais aussi sur le classement du bassin minier au patrimoine mondial de l’UNESCO. A partir du 4 décembre prochain, le musée entre dans sa nouvelle ère : la Galerie du Temps sera légèrement modifiée par le remplacement d’une quinzaine d’œuvres, dont la monumentale Liberté guidant le peuple de Delacroix au profit d'un tableau de taille plus modeste mais non moins célèbre Œdipe explique l’énigme du Sphinx d’Ingres. Une nouvelle exposition temporaire sera également inaugurée : « Les Etrusques et la Méditerranée. La cité de Cerveteri » sera visible jusqu’au 10 mars 2014.

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Vue de la galerie du Temps au Louvre Lens - © Photo Jean-Pierre Dalbéra - 2013 - Licence CC BY-SA 2.0 

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