Mercredi 21 février 2018

Pillage d’un site archéologique dans l’Oise

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 15 février 2010

NOYON [15.02.10] – L’Institut National des Recherches Archéologiques Préventives (INRAP), annonce qu’un site de fouille a été pillé dans la nuit du 8 au 9 février 2010 à Noyon dans l’Oise par des groupes de malfaiteurs munis de détecteurs de métaux. Une enquête est ouverte.

A la recherche d’objets métalliques, les pilleurs se sont introduits de nuit sur le site interdit au public car comportant des traces d’occupation humaine depuis la période du néolithique (6000 ans avant J.-C.) à la Première Guerre mondiale. Selon l’INRAP, ils y ont effectué des centaines de trous et ont emporté des monnaies remontant du IVe au Ier siècle avant J.-C., mais aussi des fibules antiques, des fragments d’outils et même des cerclages en cuivre de munitions et des têtes d’obus de la guerre 1941-1918.

Depuis le 19 janvier 2010, le site fait l’objet d’un diagnostic archéologique prescrit par la Direction Régionale des Affaires Culturelles (Drac Picardie) en prévention à une éventuelle fouille.

« C’est un véritable raid » se désole Jean-David Desforges, responsable du chantier de fouille préventive, dans les colonnes du Courrier Picard. Les voleurs ont laissé des dommages irréversibles sur les vestiges et les sépultures des périodes gallo-romaines et mérovingiennes.
« Nous ne pouvons les interpréter » déclare-t-il car même si l’on retrouve les objets, on ne pourra plus connaître le contexte de leur découverte.

L’archéologue redoute cette « frénésie du vandalisme » et la venue d’archéologues clandestins pour qui « le marché de la numismatique peut éveiller l’intérêt ». Cela malgré l’interdiction depuis 1996 de la prospection à l’aide de détecteurs dans tous les départements de la Picardie, dont l’Oise en raison du risque d’explosion d’engins de guerre, la région ayant vu se dérouler les combats de la première guerre. La prospection exige depuis une autorisation administrative.

Au regard de la loi, tout pillage, destruction ou dégradation d’un site archéologique est passible de 7 ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende. Cette peine pouvant atteindre 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende si les faits sont commis en réunion.

Une plainte a été déposée à la gendarmerie de Noyon. Selon le Parisien, les enquêteurs ne disposent encore d’aucune piste sérieuse.

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Détecteur de métaux - © www.hm-numismatique.com

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