Paris-3e

Picasso, érotique, mais pas seulement !

Musée Picasso Paris - Jusqu’au 11 février 2018

Par Colin Cyvoct · L'ŒIL

Le 22 novembre 2017 - 326 mots

Si ce n’est son titre, cette exposition est exceptionnelle. Il est passionnant de pouvoir découvrir, grâce à plus de cent dix tableaux, dessins, gravures et sculptures et à une centaine de documents – lettres, affiches, photographies… – une année de la vie de Picasso, 1932.

L’artiste vient d’avoir 50 ans, il jouit d’une reconnaissance de plus en plus importante et prépare sa première rétrospective qui s’ouvrira le 16 juin à la Galerie Georges à Paris. Dès les premiers jours de l’année, Picasso peint de nombreuses grandes toiles : le 2 janvier, La Lecture et Figures au bord de la mer, le 6, La Ceinture jaune, le 9, La Lecture interrompue, le 10, Jeune Fille à la mandoline. 

L’exposition permet d’être témoin, jour après jour, salle après salle, de l’époustouflante créativité quotidienne du maître, encore jeune et déjà gonflé de gloire. Sa légendaire rapidité d’exécution apparaît avec toutes ses conséquences : le plus souvent un brio confondant, une dextérité flamboyante, une énergie jupitérienne. Mais personne, même Picasso, ne saurait être génial à chaque instant.

Certains jours, le maître se relâche, barbouille à la va-vite de petites toiles, sympathiques certes, mais tellement moins inventives. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si certaines œuvres, comme des petites peintures de Boisgeloup sous la pluie, font l’objet d’un accrochage très serré, comme de simples documents. Et le titre de l’exposition ? Il apparaît réducteur et racoleur. Il est clair que de nombreuses peintures de cette année 1932 sont densément inspirées par Marie-Thérèse Walter, la jeune maîtresse de Picasso alors âgée de 21 ans, rencontrée cinq ans auparavant, et avec laquelle il poursuit une relation passionnelle plus ou moins clandestine.

1932, année riche en passion charnelle, certainement, mais ni plus ni moins que tant d’autres années vécues tout aussi intensément par Picasso. Cette exposition remarquable – comme l’artiste qu’elle honore – se rendra à la Tate Modern de Londres à partir du 8 mars 2018, et s’intitulera « Picasso 1932. Love, Fame, Tragedy ».

« Picasso 1932, année érotique »,
Musée Picasso Paris, 5, rue de Thorigny, Paris-3e, www.museepicassoparis.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°707 du 1 décembre 2017, avec le titre suivant : Picasso, érotique, mais pas seulement !

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