Lundi 24 septembre 2018

Perquisitions au Musée des Lettres et manuscrits, siège de la société Aristophil

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 26 novembre 2014 - 393 mots

PARIS [26.11.14] – Gérard Lhéritier, gérant de la société Aristophil qui commercialise des placements financiers assis sur des manuscrits avec des taux annoncés de 8 à 9 %, est soupçonné d’escroquerie en bande organisée. Une enquête est en court.

Mardi 18 novembre, la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) a perquisitionné le Musée des Lettres et Manuscrits dans le 7e arrondissement de Paris ainsi que des locaux professionnels à Lyon et Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) liés à la société Aristophil. Cette société française, spécialisée dans la bibliophilie, fondée par Gérard Lhéritier en 1990, fait l’objet d’une enquête préliminaire pour escroquerie en bande organisée et pratique commerciale trompeuse, ouverte suite à une demande d’information au parquet financier émanant de la Direction générale de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). L’Autorité des marchés financiers (AMF) avait signalé l’affaire dès décembre 2012.

La société Aristophil, spécialisée dans l’expertise, l’achat et la vente de lettres, livres anciens et manuscrits, propose depuis onze ans des placements financiers. Les particuliers peuvent acquérir des parts, en indivision, de manuscrits originaux rémunérés à un taux de 8,5 % d’intérêts annuels. La société se réserve le droit de pouvoir racheter les parts des manuscrits après cinq ans. Le fisc et Tracfin (la cellule du ministère de l’Economie et des Finances chargée de lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme) soupçonnent un système fondé sur le schéma de Ponzi : l’apport des nouveaux investisseurs servirait à payer ceux qui souhaiteraient récupérer leur mise. La justice se demande par ailleurs si Aristophil ne vend pas ces parts au-delà de leur prix réel.

La société emploie 70 personnes et aurait réalisé en 2013 un chiffre d’affaires de 166 millions d’euros pour un bénéfice de 3,5 millions, selon des chiffres communiqués à l’AFP. Le stock réel n’est pas connu, mais Aristophil revendique la propriété ou le dépôt d’environ 135 000 documents et manuscrits, entreposés au Musée des Lettres et Manuscrits dans le 7e arrondissement de Paris, dans des locaux de la société Aristophil et chez un dépositaire professionnel.

L’avocat de Gérard Lhéritier, Maître Francis Triboulet, dénonce un « tsunami policier mené par le parquet de Paris » qui « signe l'arrêt de mort de la société ». L’avocat redoute un « effet de panique terrible » parmi les 17 000 investisseurs, relevant qu'aucun n'a porté plainte jusqu'ici rapporte l’AFP.

Légende photo

Musée des lettres et manuscrits, Paris - © Photo Hadonos - 2014 - Licence CC BY-SA 3.0

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