Dimanche 23 février 2020

Insolite

Une tombe néolithique remplacée par une table à pique-nique sur un site espagnol

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 1 septembre 2015 - 509 mots

SAN CRISTOVO DE CEA (GALICE, ESPAGNE) [01.09.15] – Une tombe néolithique surplombée par des rochers posés sur une dalle de granit a été prise par des ouvriers pour une table à pique-nique endommagée et remplacée par une nouvelle table en béton. La tombe étant répertoriée en tant que bien culturel, ces faits ont été dénoncés par une association de protection, et une enquête a été ouverte.

Une tombe néolithique datant de 6 000 ans, répertoriée par le gouvernement régional de Galice en tant que bien culturel, a été détruite et remplacée par une table à pique-nique par des ouvriers sur le site d’Ardesende. Ces « dommages irréparables » ont été dénoncés par une association de protection, Grupo Ecoloxista Outeiro, dans un rapport envoyé au procureur de Galice et relayés par le Huffington Post.

La table à pique-nique en béton aurait été construite à la fin de l’année 2014, mais l’association ne se serait rendu compte de la destruction du tumulus funéraire qu’en juin de cette année. Les ouvriers auraient confondu les rochers recouvrant la tombe néolithique avec une table à pique-nique usée par le temps et l’auraient remplacée par une neuve en béton. L’association a immédiatement porté plainte et une enquête du gouvernement régional de Galice a été ouverte.

La porte-parole du département culturel de Galice a reconnu qu'en effet il s’agit d’un bien culturel qui doit être protégé, mais précise qu'il y a beaucoup de confusion dans cette affaire, les archéologues n’étant pas d’accord sur le fait que les rochers recouvrant la tombe fassent partie du tumulus ou soient postérieurs. L’Association réplique que cette tombe a été répertoriée il y a une décennie avec les dalles de granit, qui formaient la chambre funéraire.

Leur inquiétude concerne également la possibilité de construire une table à pique-nique sur un site archéologique ce qui parait incongru : « ces événements sont un exemple de ce que les sites archéologiques - pétroglyphes, forts, routes et mines romains, manoirs, granges et monastères - ne sont pas protégés comme indiqué par la Loi sur le patrimoine historique espagnol et par la Loi sur le patrimoine culturel de Galice ».

La ville de San Cristovo de Cea, dont dépend le site, est connue pour ses vingt-cinq tumulus néolithiques, dont la nécropole de Covas et le tumulus funéraire de Bouza de Prim, qui comprend encore, contrairement à Ardesende, un dolmen d'une grande richesse historique et culturelle

Le maire de la commune, José Luis Valladares, interrogé par The Local plaide non coupable et explique qu'il ignorait qu’il s’agissait d’un bien archéologique protégé. Il rejette la faute sur le gouvernement régional de Galice, arguant que « le site n’a même pas été balisé et la logique aurait été pour eux d'entrer en contact avec le conseil local de sorte que nous aurions pu prendre des mesures pour protéger le site ». Une affirmation qui ne convainc pas la porte-parole du département culturel de Galice, qui précise qu’en 2008 des fouilles archéologiques avaient été autorisées sur le site, et que le conseil local était forcément conscient de son existence.

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Un castro, village en pierre sèche de la préhistoire galicienne, dans la région de Galice en Espagne © Photo Hugo Soria - 2005 - Licence CC BY-SA 3.0

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