Lundi 17 décembre 2018

Un voyage dans le temps

Un nouveau calendrier pour le carbone 14

Le Journal des Arts

Le 1 janvier 1996 - 390 mots

Carlo Laj et son équipe du Laboratoire de modélisation du climat de l’environnement au CEA, viennent de démontrer que la quantité de carbone 14 dans l’atmosphère n’a pas été la même au cours des âges, car le champ magnétique terrestre qui contrôle sa formation a sensiblement varié ces derniers 50 000 ans. Le calendrier radiocarbone accuse des écarts de plusieurs siècles par rapport à notre calendrier. La datation des sites géologiques et archéologiques est à revoir.

PARIS - La datation au carbone 14, mise au point dans les années cinquante, reposait sur un principe simple : la teneur en carbone 14 de l’atmosphère que nous respirons serait restée constante au cours des derniers 50 000 ans. Lorsqu’un arbre, une plante, un os, un coquillage meurt, tout échange avec l’atmosphère cesse, et la proportion de carbone 14 qu’il contient diminue de moitié tous les 5 570 ans. La proportion de carbone 14 qui reste permet d’estimer le temps écoulé et de le dater.
 
La formation du carbone 14 est contrôlée par le champ magnétique terrestre, qui forme un bouclier protecteur vis-à-vis des particules cosmiques émises par le soleil.

Les études en cours, menées par Carlo Laj et son équipe du Laboratoire de modélisation du climat de l’environnement au CEA, viennent de montrer, par l’étude de sédiments marins, qu’en réalité le champ magnétique terrestre a sensiblement varié au cours des derniers 50 000 ans. Les corrections ont été établies sur des échantillons de trois carottes océaniques (Atlantique), en se fondant sur la comparaison de périodes géologiques. Les chercheurs n’ont pas encore fait connaître les méthodes utilisées pour caler les variations géomagnétiques.
 
Ils proposent des courbes nouvelles de teneur en carbone 14 qui tiennent compte des fluctuations magnétiques.
Les chercheurs ont déjà annoncé une datation de la grotte Chauvet de - 30 000 ans, et de - 18 000 ans pour Lascaux (et non de - 16 000 ans). La correction serait de - 2000 à - 3000 ans BP (avant 1956) pour tous les sites entre - 20 000 et - 40 000 ans. Ces premiers résultats publiés semblent confimer les datations achéologiques proposées en juin par l’archéologue Michel Lorblanchet pour une trentaine de grottes.

Forts de ces nouveaux résultats, les archéologues pourraient revoir les grandes théories de leurs prédécesseurs pour l’occupation des sites archéologiques et l’évolution de l’art rupestre.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°21 du 1 janvier 1996, avec le titre suivant : Un voyage dans le temps

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