Dimanche 26 janvier 2020

Vente

Un Richter pour renflouer les caisses

Le Musée Weserburg de Brême se sépare d’un pan important de sa collection pour consolider ses finances

Le Journal des Arts

Le 30 novembre 2010 - 379 mots

BRÊME - La vente récente d’un tableau de Gerhard Richter appartenant au Musée Weserburg de Brême, au nord-ouest de l’Allemagne, a nourri les craintes d’une opération motivée par l’argent.

« C’est un geste très problématique, commente Volker Rodekamp, à la tête du Deutscher Museumsbund (association allemande des musées). Il est désormais plus facile, pour les directeurs de musées et les politiques, de plaider en faveur de la revente de parties de leurs collections. » Adjugé 13,2 millions de dollars (9,5 millions d’euros), l’huile sur toile Matrosen (1966) fut l’un des moments forts de la vente du 9 novembre chez Sotheby’s à New York. Un tableau de Franz Gertsch, Luciano 1 (1976), doit lui aussi passer aux enchères, à Londres en février, toujours chez Sotheby’s (estimation 500 000 à 700 000 livres sterling, 589 000 à 825 000 euros). Les deux œuvres, appartenant à la collection Ludwig Roselius, avaient été données au Musée Weserburg en 2004.

« Cet argent est indispensable pour assurer le futur de l’institution », explique Carsten Ahrens, directeur du Musée Weserburg. Bien que l’établissement dépende d’une gestion privée, la majorité de son budget provient de subventions versées par la Ville de Brême. D’après Carsten Ahrens, le musée accuse un déficit annuel d’environ 400 000 euros, et il nécessite une campagne de rénovation dont le coût est estimé à 5 millions d’euros. « Ces ventes assurent une situation financière plus stable et s’inscrivent dans le perfectionnement du profil du musée », indique le directeur. Pourtant, Volker Rodekamp est opposé à l’utilisation de l’argent obtenu, grâce à ces reventes, pour financer des travaux et non pour faire de nouvelles acquisitions.

Premier musée de collectionneurs en Europe, le Weserburg a été fondé en 1991. Y sont organisées des expositions de collections particulières, telle « Doppelte Rotation » (jusqu’au 10 septembre 2011) qui présente les œuvres de la collection Lafrenz. Pendant les années 1990, Thomas Deecke, directeur et fondateur du musée, a initié la collection du lieu. Les tableaux de Richter et Gertsch ont été donnés en même temps que 51 autres pièces de la collection Ludwig Roselius. Ces dernières vont aller rejoindre la collection de la Kunsthalle de Brême en échange de 700 000 euros, une transaction financée grâce à la générosité de la Fondation Karin et Uwe Hollweg. 

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°336 du 3 décembre 2010, avec le titre suivant : Un Richter pour renflouer les caisses

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