Vendredi 23 février 2018

New York et Washington

Un nouveau Musée des Indiens d’Amérique

La reconnaissance des Amérindiens

Le Journal des Arts

Le 16 avril 2010

Un nouveau Musée national des Indiens d’Amérique ouvre sa branche new-yorkaise. Le musée se propose de redonner vie à la mémoire des peuples amérindiens longtemps négligés, et de dépasser la simple exposition d’une culture pour proposer un regard et un discours original sur son passé et son avenir. Dès 1997, un centre de recherches sera ouvert dans le cadre de l’Institut Smithsonian et, vers 2001, le siège du musée devrait être inauguré à Washington sur le prestigieux \"National Mall\".

NEW YORK - L’Institut Smithsonian crée son seizième musée, le Musée national des Indiens d’Amérique, qui a ouvert ses portes le 30 octobre. Il occupe pour le moment les deux premiers étages de l’ancien bâtiment des douanes américaines, aujourd’hui rénové, situé près de Bowling Green, à l’extrémité sud de Manhattan.

Ce local n’est que le premier d’un ensemble dans lequel s’installera le musée. Le bâtiment principal – d’une superficie de plus de 24 000 m2 et d’un coût de 110 millions de dollars (environ 540 millions de francs) –, sera achevé peu après l’an 2000.

Il sera construit à Washington, sur le dernier emplacement du National Mail – où sont regroupés les plus grands musées –, en face de la National Gallery of Art. Les architectes Geddes, Brecher, Qualls et Cunningham travaillent au projet en collaboration avec Douglas Cardinal, un Indien d’origine canadienne qui a conçu le Musée québécois de la civilisation.

Un centre de recherches culturel – d’une superficie de 12 000 m2 et d’un coût de 50 millions de dollars (environ 275 millions de francs) – devrait ouvrir ses portes en 1997 dans l’enceinte de l’Institut Smithsonian, à Suitland, dans le Maryland.

L’arôme du saumon fumé
La création du musée, en 1989, est née d’une occasion unique qui s’offrait alors au pays d’acquérir la collection George Gustav Heye (1874-1957) : environ un million d’objets appartenant aux peuples amérindiens et provenant de tous les pays, états et provinces du Nord, du Sud et du Centre du continent américain, sur une période de dix millénaires.

Les trois premières expositions indiquent à quel point Richard West a choisi de faire la part belle à des "face à face", afin de montrer comment les gens se voient les uns les autres. Pour "Tous les chemins sont bons : voix indiennes sur leur vie et leur culture", vingt-trois Indiens, de toutes conditions sociales, ont chacun choisi une dizaine d’œuvres et rédigé des notes expliquant leurs choix – qui, étrangement, ne se sont pas particulièrement faits au sein de leurs propres tribus.

Pour la seconde exposition, "Voyages de la création : chefs-d’œuvre de l’identité et de la pensée amérindiennes", cent quatre-vingts objets ont été choisis par des conservateurs, historiens et anthropologues, d’origine indienne ou non. Selon James Volkert, directeur adjoint responsable de l’exposition, "le but est de remettre en question la définition d’un chef-d’œuvre, ainsi que les idées préconçues que l’on a de ces objets et, par là même, notre vision des Indiens."

L’exposition s’est efforcée de recréer le contexte ethnique des œuvres choisies, essentiellement grâce à des textes explicatifs, mais aussi en reconstruisant des éléments d’architecture et en recréant une certaine ambiance : ainsi, on a ajouté de la musique ou même, dans un cas précis, l’arôme du saumon fumé.

Enfin, une quinzaine d’Indiens participent à l’élaboration d’une troisième exposition à partir de plusieurs médias différents, baptisée "La voie qui est la nôtre : hommage à la créativité amérindienne contemporaine".

Le Centre George Gustav Heye est ouvert tous les jours de 10h à 17h30, et l’entrée est gratuite.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°9 du 1 décembre 1994, avec le titre suivant : Un nouveau Musée des Indiens d’Amérique

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